Provera (Acétate de médroxyprogestérone) : Informations complètes pour les patients en France
Informations de base sur le produit
| DCI (Dénomination Commune Internationale) | Acétate de médroxyprogestérone |
|---|---|
| Marques disponibles en France | Provera®, Farlutal® (forme orale), Lutéran® (autres progestatifs de la même famille disponibles), génériques |
| Code ATC | G03DA02 |
| Formes galéniques et dosages |
|
| Laboratoires fabricants | Pfizer Santé Familiale, Teva Santé, Mylan, et autres génériqueurs agréés ANSM |
| Statut de délivrance | Médicament soumis à prescription médicale (Liste I), non soumis à stupéfiants, délivrance sécurisée en pharmacie sur présentation d’une ordonnance valide. |
Mécanisme d’action
Explication simple : Provera contient de l’acétate de médroxyprogestérone, un progestatif de synthèse. Il agit comme la progestérone, une hormone essentielle du cycle menstruel féminin. Il aide à réguler les règles, à traiter certains troubles gynécologiques, et à protéger l’endomètre (paroi utérine) lors de traitements à base d’œstrogènes.
Pour les professionnels : L’acétate de médroxyprogestérone se lie aux récepteurs de la progestérone dans les tissus cibles. Il inhibe la sécrétion de gonadotrophines (LH/FSH) au niveau hypophysaire, induit une transformation sécrétoire de l’endomètre, supprime l’ovulation à doses élevées et possède une activité antiestrogénique et antigonadotrope.
Pharmacocinétique
- Absorption : Rapidement absorbé après administration orale, biodisponibilité 50–70 %.
- Pic plasmatique : 2 à 4 heures après prise orale.
- Métabolisme : Hépatique, via le cytochrome P450 (CYP3A4 principalement).
- Élimination : Rénale (60%) et biliaire.
- Durée d’action : 12 à 24 h pour la version orale, 2–3 mois pour la forme injectable (dépôt).
Utilisation au quotidien et bonnes pratiques en France
Provera s’emploie dans diverses indications gynécologiques : troubles du cycle, aménorrhées, ménopause (protection endométriale associée aux œstrogènes), endométriose, certains cancers hormone-dépendants, contraception (forme dépôt). Le schéma posologique dépend de l’indication : par exemple, dans les troubles du cycle, le traitement s’effectue généralement de J16 à J25 du cycle, 5 à 10 mg/j. Suivez toujours les instructions de votre médecin.
Provera fait partie du parcours de soin habituel et intégré (HAS, CNAM) dans la santé féminine, notamment lors de procréation médicalement assistée (PMA), ou pour traiter des ménorragies (règles abondantes) dans le contexte du mode de vie français. Il est prescrit sur ordonnance et, outre le suivi gynécologique, le pharmacien accompagne la bonne utilisation et la surveillance.
Moment de la prise : matin ou soir ?
- Matin : conseillée pour réduire les risques d’insomnie ou d’agitation, faciliter la régularité.
- Soir : peut être préférée en cas d’effets digestifs indésirables ou si sédation recherchée.
- Astuce : L’important est de choisir un moment fixe chaque jour pour éviter les oublis. Un pilulier est recommandé.
Avec ou sans repas ?
- Provera peut être pris pendant ou en dehors des repas ; la prise alimentaire n’altère pas sa biodisponibilité.
- Cependant, en cas de troubles digestifs (nausée), il est conseillé de prendre le médicament après un repas léger (exemple : petit-déjeuner à la française).
- Évitez la prise avec un repas très gras (risque d’augmentation modérée des effets).
Interactions (aliments, alcool, médicaments)
| Substance/Risque | Précautions/Recommandations |
|---|---|
| Alcool | Aucun effet direct connu, mais consommation excessive déconseillée pour la santé hormonale. |
| Pamplemousse/jus de pamplemousse | Éviter : possible augmentation des taux plasmatiques (interaction avec le CYP3A4). |
| Médicaments inducteurs enzymatiques (ex : rifampicine, carbamazépine, millepertuis) | Peut diminuer l’efficacité du Provera ; signaler à votre médecin. |
| Anticoagulants oraux | Risque théorique d’interactions, surveiller selon indication. |
| Autres hormones (contraceptifs, THS) | Consulter le médecin pour adaptation éventuelle. |
Indications
| Indication | Statut | Commentaires |
|---|---|---|
| Troubles du cycle menstruel (aménorrhée, règles irrégulières, spottings) | AMM (officiel) | Traitement séquentiel, prise 5–10 mg/j pendant 5 à 10 jours par cycle. |
| Ménopause : prévention de l’hyperplasie endométriale lors du THS | AMM | Associé aux œstrogènes. |
| Ménorragies, troubles hémorragiques fonctionnels | AMM | Traitement court, cycles répétés selon avis médical. |
| Endométriose | AMM* | Utilisé principalement à dose élevée ou en relais selon situation clinique. |
| Contraception (forme dépôt/injectable uniquement) | AMM | Provera dépôt (150 mg), 1 injection toutes les 12 semaines. Non utilisé pour contraception orale standard. |
| Adénocarcinome de l’endomètre et du sein (adjuvant) | AMM (indication oncologique) | En association, selon les protocoles spécialisés. |
| Syndrome prémenstruel, mastodynies | Hors AMM (off-label) | Usage parfois accepté au cas par cas. |
Posologies selon l’indication
| Indication | Adulte | Enfant/Adolescent | Personne âgée |
|---|---|---|---|
| Troubles du cycle | 5–10 mg/j pdt 5–10 j/cycle | Cas exceptionnel, adapter dosage | Idem adulte, sous contrôle médical rapproché |
| Ménopause (THS) | 5–10 mg/j, 12–14 j/mois | S/O | Idem adulte |
| Endométriose | 10 mg, 3×/j | Rare : adapter | Adapter selon tolérance |
| Cancer (endomètre, sein) | 200–400 mg/j (formes orales/IM) | S/O | Idem adulte |
| Contraception dépôt | 150 mg IM toutes les 12 semaines | S/O | Idem adulte, prudence |
NB : adaptez toujours la posologie sur conseil médical personnalisé.
Profil de sécurité et effets indésirables
- Fréquents (≥1 à 10 %) : Saignements irréguliers, aménorrhée, prise de poids, céphalées, tension mammaire, œdèmes, troubles de l’humeur, troubles digestifs légers.
- Peu fréquents (≤1 %) : Insomnie ou somnolence, acné, hyperpilosité modérée, baisse de libido, éruptions cutanées.
- Rares (<0,1 %) : Allergies, œdème angioneurotique, accidents thrombotiques (tendance accrue si facteurs de risque), atteintes hépatiques, troubles visuels.
- Avertissements : prudence en cas d’antécédents thromboemboliques, maladies hépatiques graves, cancers hormono-dépendants non contrôlés, troubles psychiatriques sévères, interactions médicamenteuses.
- Surveillance : Consultation régulière, signalement immédiat de tout effet indésirable inattendu (pharmacovigilance ANSM).
Conseils pour une utilisation optimale en France
- Respectez scrupuleusement la posologie et la durée prescrites.
- En cas d’oubli, prenez la dose dès que possible (sauf si très proche de la suivante). Si plus de 12h, consultez votre médecin.
- Tenez à jour un calendrier des prises et prévoyez un renouvellement à temps.
- Demandez conseil à votre pharmacien sur la gestion des effets secondaires ou interactions courantes (y compris phytothérapie, automédication).
- En France, les examens de suivi (bilan hépatique, mammographie, dépistage cardiovasculaire) sont régulièrement proposés dans le cadre du parcours de soin.
Alternatives thérapeutiques (remboursées en France)
- Lutéran® (acétate de chlormadinone) : efficacité similaire, mais certaines restrictions récentes (suspensions temporaires) ; bien suivre l'avis ANSM.
- Duphaston® (dydrogéstérone) : souvent préféré pour sa sécurité hépatique et sa tolérance.
- Progestérone micronisée (Utrogestan®) : utilisée en THS ou infertilité, profil plus naturel, effets sédatifs possibles.
- Noréthistérone (Primolut Nor®) : alternative pour troubles du cycle, non indiquée en cas de facteurs de risque thromboembolique importants.
Comparatif : Les alternatives sont toutes progestatives, mais diffèrent par leur tolérance (hépatique, vasculaire), leur demi-vie, leurs effets sur le métabolisme lipidique, et leur appropriateness selon comorbidités (voir documents CNAM/HAS). Le choix est individualisé en France. Tous ces traitements génériques sont remboursés par l’Assurance Maladie (modalités : voir ameli.fr).
Statut légal, enregistrement et remboursement en France
- Médicament validé par l’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament) ; soumis à prescription obligatoire.
- Listé par la Commission de la Transparence de la HAS.
- Remboursement à 65 % en ville par l’Assurance Maladie (Service Médical Rendu jugé suffisant en 2022, RSVP 2023).
- Non soumis à la réglementation des stupéfiants.
- Prescription initiale de préférence par un spécialiste ou médecin traitant, renouvellement facilité en pharmacie pour patientes suivies.
Dernières données scientifiques et recommandations (2022–2025)
- Les dernières recommandations de la HAS (2024) réaffirment la pertinence de Provera pour les troubles du cycle et la protection endométriale dans le THS, avec un suivi médical essentiel pour ajustement du schéma thérapeutique.
- Des études françaises (Revue Gynécologie Obstétrique Fertilité, 2023) insistent sur la personnalisation du choix du progestatif en tenant compte des risques cardiovasculaires, métaboliques, et des antécédents personnels.
- Les contre-indications absolues sont régulièrement mises à jour (cancer du sein non contrôlé, maladie thromboembolique évolutive, hépatopathies sévères).
- L’Assurance Maladie recommande, dans une note de 2024, d’accentuer le dépistage du syndrome métabolique chez les femmes traitées.
Disponibilité et livraison
| Conditionnements usuels | Boîtes de 30, 60, 90 comprimés selon dosage (2,5 mg, 5 mg, 10 mg) |
|---|---|
| Prix indicatif public (2024)* | Entre 2,80 € et 6,20 € la boîte (hors honoraires de dispensation) |
| Délais de livraison (grandes villes France) |
|
*Prix moyen constaté, susceptible d’évoluer selon la politique tarifaire et la disponibilité.
Foire Aux Questions (FAQ)
- Provera provoque-t-il des règles abondantes ou irrégulières ?
Non, Provera vise plutôt à stabiliser le cycle. De légers saignements irréguliers peuvent survenir en début de traitement, mais ceci s’estompe généralement. Consultez votre gynécologue si ces troubles persistent. - Puis-je arrêter Provera immédiatement sans risque ?
Il est important de ne jamais interrompre brutalement le traitement sans avis médical, surtout lors d’une prise prolongée. Un arrêt progressif peut être nécessaire dans certains cas. - Existe-t-il un risque de prise de poids avec Provera ?
Un petit gain de poids peut survenir (rétention d’eau), surtout au début du traitement, mais il n’est pas systématique. Favorisez une alimentation équilibrée et l’activité physique régulière. - Provera est-il compatible avec la contraception orale ?
Oui, dans de rares cas spécifiques, mais signalez toute prise conjointe à votre médecin pour éviter les doubles emplois et interactions éventuelles. - La prise de Provera a-t-elle un impact à long terme sur la fertilité ?
Aucune baisse de fertilité n’a été démontrée à ce jour après l’arrêt de Provera pour une utilisation conforme aux autorisations. Le retour à la fertilité est habituellement rapide après arrêt du traitement.

