Nortriptyline (Nortriptyline Hydrochloride) : Description détaillée pour les patients en France
Informations de base sur le médicament
- Dénomination Commune Internationale (DCI) : Nortriptyline
- Nom(s) commercial(aux) en France : Nortriptyline EG, Nortriptyline Zentiva (ces noms sont les plus utilisés, la spécialité Aventyl n’est plus commercialisée en France)
- Code ATC : N06AA10
- Formes galéniques et dosages disponibles :
- Comprimés pelliculés : 10 mg, 25 mg
- Gélules : 10 mg, 25 mg
- Laboratoires/Médecins : EG Labo, Zentiva, Teva Santé
- Statut de délivrance : Médicament soumis à prescription médicale obligatoire, renouvelable uniquement sur ordonnance sécurisée selon le Code de la Santé Publique français.
- Classe thérapeutique : Antidépresseur tricyclique (ATC)
Mécanisme d’action
Pour tous : La nortriptyline appartient à la famille des antidépresseurs tricycliques. Son mécanisme principal est d’augmenter la quantité de certains neurotransmetteurs dans le cerveau, notamment la sérotonine et la noradrénaline, qui sont diminués lors de dépressions et de certaines douleurs chroniques.
Pour les professionnels : La nortriptyline agit comme inhibiteur sélectif de la recapture de la noradrénaline (IRN) et, dans une moindre mesure, de la sérotonine, avec peu d’affinité pour les récepteurs muscariniques et histaminergiques par rapport à d’autres tricycliques comme l’amitriptyline.
Pharmacocinétique
- Absorption : Excellente absorption digestive, biodisponibilité orale de 45–68 %.
- Métabolisme : Hépatique (foie) via le cytochrome P450 (CYP2D6 notamment). Prudence en cas d’insuffisance hépatique, polymorphismes génétiques.
- Élimination : Urinaire, sous forme de métabolites et substance inchangée.
- Temps de demi-vie : 16 à 90 heures selon les patients ; effet prolongé chez les sujets âgés.
- Pic de concentration : 7 à 8 heures après la prise orale.
Utilisation au quotidien et bonnes pratiques
- La nortriptyline est généralement débutée à faible dose, augmentée progressivement pour réduire les effets indésirables.
- Posologie usuelle adulte : 25 mg/jour, pouvant être augmentée jusqu’à 75–100 mg/jour, répartis en 1 à 3 prises selon tolérance.
- Début strictement encadré par le médecin, examens sanguins parfois nécessaires pour vérifier la concentration plasmatique.
- Durée du traitement : généralement de plusieurs mois pour les troubles dépressifs majeurs, adaptée individuellement selon la pathologie.
- Arrêt progressif recommandé pour éviter un syndrome de sevrage.
Prise matinale vs prise vespérale
- Prise le matin : Pour les patients sensibles à la somnolence, la prise le matin peut limiter la fatigue en journée, cependant, elle peut parfois entraîner de l’insomnie.
- Prise le soir : Privilégiée si apparaissent des effets sédatifs, aide à l’endormissement. En cas de troubles du sommeil associés à la dépression, elle est souvent recommandée au coucher.
- Conseil : Prendre la nortriptyline chaque jour à la même heure. Demandez à votre médecin ou pharmacien de choisir la période idéale pour vous.
Prise pendant les repas ou à jeun
- Avec ou sans alimentation : La prise avec un repas ou un léger encas peut réduire les troubles gastriques, mais l’absorption n’est pas significativement modifiée par l’alimentation.
- Conseil alimentaire en France : Pour s’adapter aux habitudes françaises (petit-déjeuner café/thé, déjeuner copieux, dîner léger), il est souvent pratique de prendre le médicament après le repas du soir avec un verre d’eau, sauf avis contraire de votre médecin.
Interactions et mises en garde
| Catégorie | Interaction | Conseil |
| Alcool | Augmentation du risque de somnolence, troubles de l’équilibre | Évitez ou limitez l’alcool |
| Médicaments | Association déconseillée avec IMAO, autres antidépresseurs tricycliques, anticholinergiques, certains antipsychotiques, médicaments sérotoninergiques, anticoagulants oraux | Informez toujours votre médecin de tous les médicaments pris |
| Alimentation | Aucune interaction majeure connue, mais prudence avec pamplemousse, jus de pamplemousse | Évitez le pamplemousse |
| Compléments | Attention au millepertuis (Hypericum perforatum), vitamine D, oméga 3 à forte dose | Signalez toute automédication à votre pharmacien |
Indications officielles et hors AMM
| Indication | Statut | Commentaires |
| Épisode dépressif majeur | AMM France | Indication principale |
| Douleurs neuropathiques (adulte) | Hors AMM | Recommandé en 2e ou 3e intention selon la HAS |
| Enurésie nocturne chez l’enfant >6 ans | Hors AMM | Cas particuliers, sous surveillance stricte |
| Migraine chronique | Hors AMM | Alternative si échec des traitements usuels |
Posologies selon les situations cliniques
| Populations | Indication | Posologie initiale | Posologie d’entretien | Remarques |
| Adulte | Dépression | 25 mg/j | 75 à 100 mg/j | En 1 à 3 prises |
| Personne âgée | Dépression | 10 à 25 mg/j | Jusqu’à 50 mg/j | Doser prudemment, surveillance ECG |
| Enfant > 6 ans | Enurésie | 10 à 20 mg/j | Jusqu’à 40 mg/j | Hors AMM, surveillance médicale stricte |
| Adulte | Douleurs chroniques | 10 à 25 mg/j | Jusqu’à 75 mg/j | En une prise, selon tolérance |
Effets indésirables et profil de sécurité
- Les plus fréquents (1–10 %) : sécheresse buccale, constipation, somnolence, troubles de l’accommodation visuelle, prise de poids légère, hypotension orthostatique, troubles urinaires.
- Peu fréquents (0,1–1 %) : tremblements, palpitations, bouffées de chaleur, vertiges.
- Rares (<0,1 %) : toxicité cardiaque (troubles du rythme, allongement QT), troubles hépatiques, convulsions, syndrome sérotoninergique, réaction allergique sévère.
- Contre-indications absolues : glaucome à angle fermé, adénome de la prostate non traité, antécédents d’infarctus récent, troubles du rythme graves.
- Précautions chez : personnes âgées, antécédents d’épilepsie, troubles bipolaires, femmes enceintes (usage exceptionnel).
- Attention : arrêt brutal peut entraîner anxiété, troubles du sommeil, maux de tête, irritabilité. Toujours sevrer progressivement sur avis médical.
Bonnes pratiques de prise et conseils du pharmacien
- Respectez strictement la dose prescrite ; toute modification doit être validée par le médecin traitant.
- Si oubli, prendre la dose dès que possible. Si le moment de la prise suivante est proche, ne pas doubler la dose.
- Transportez votre médicament dans son emballage d'origine, hors de portée des enfants.
- Conservez à température ambiante, à l’abri de la lumière et de l'humidité.
- Consultez immédiatement un médecin en cas de symptômes inhabituels (palpitations, troubles de la vue, confusion, jaunisse, convulsions).
- En France, l’arrêt temporaire d’un antidépresseur est déconseillé sans motif grave et accord médical.
- Avant toute intervention chirurgicale (y compris dentaire), informez l’anesthésiste ou le chirurgien de la prise de nortriptyline.
Alternatives thérapeutiques remboursées par la Sécurité sociale
- Amitriptyline : Profil similaire, sédatif, plus d’effets anticholinergiques.
- Clomipramine : Antidépresseur tricyclique, particulièrement indiqué dans les TOC.
- Duloxétine : Inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, indiqué dans les douleurs neuropathiques, tolérance digestive parfois meilleure.
- Venlafaxine : Antidépresseur IRSNa, plus récente, surveillance tensionnelle nécessaire.
- ISRS (sertraline, paroxétine, escitalopram) : Moins d’effets indésirables anticholinergiques, bonne tolérance générale, efficacité variable sur la douleur chronique.
- Ceci n'est qu'une sélection – votre médecin choisira selon votre dossier médical, pathologie, antécédents et traitements associés.
Statut légal, enregistrement, et remboursement en France
- AMM : Nortriptyline est autorisée en France pour l’épisode dépressif majeur (Agence Nationale de Sécurité du Médicament – ANSM).
- Prescription obligatoire : Médicament de liste I, ordonnance indispensable, renouvelable selon les recommandations du médecin.
- Remboursement : Pris en charge à 65 % ou 100 % (ALD), sous conditions, par l’Assurance Maladie (CPAM/Sécurité sociale).
- Non soumis à la réglementation des stupéfiants, mais surveillé.
Dernières recommandations et études (2022–2025)
- HAS (2022) : La nortriptyline est recommandée en 2e intention dans les douleurs neuropathiques de l’adulte, derrière l’amitriptyline, la duloxétine et la prégabaline.
- Revue Cochrane (2023) : Son efficacité est établie dans la dépression majeure et pour certaines douleurs chroniques, mais son profil d’effets secondaires impose une personnalisation du choix thérapeutique.
- Congrès de psychiatrie (2024) : Les antidépresseurs tricycliques restent utiles chez les patients dépressifs résistants aux ISRS.
- Insuffisance cardiaque, personnes âgées : vigilance renforcée depuis 2023 concernant le risque d’allongement du QT et d’interactions médicamenteuses multiples.
Disponibilité, conditionnements, et livraison
| Présentation | Laboratoire | Prix indicatif | Livraison Paris | Livraison Lyon | Livraison Marseille | Livraison Toulouse |
| Boîte de 30 comprimés 25 mg | EG Labo | 5–7 € | 24–48h | 48h | 72h | 48–72h |
| Boîte de 30 gélules 10 mg | Zentiva | 6–8 € | 24–48h | 48h | 72h | 48–72h |
- En stock dans la majorité des pharmacies françaises, possible commande sous 24–72 h en cas de rupture locale.
- Livraison à domicile ou retrait possible selon la législation pharmaceutique nationale.
- Prix soumis à l’évolution de la base de remboursement et des accords laboratoire-CPAM.
FAQ : Questions fréquentes de patients
- Combien de temps faut-il avant de ressentir les effets de la nortriptyline ?
Les premiers effets apparaissent souvent au bout de 2 à 4 semaines. Pour un effet antidouleur, le délai peut varier de 1 à 3 semaines. Il est important de poursuivre le traitement malgré ce délai, sauf survenue d’effet indésirable important. - La nortriptyline fait-elle grossir ?
Une légère prise de poids est possible (environ 1 à 2 kg). Une alimentation équilibrée à la française (fruits, légumes, plats faits maison) associée à une activité physique régulière limite ce risque. - Puis-je conduire ?
Prudence : la somnolence initiale ou la baisse de la vigilance peut rendre la conduite automobile dangereuse pendant les premiers jours. L’avis du médecin et du pharmacien est indispensable. - Puis-je arrêter le traitement si je me sens mieux ?
Non, il est important de poursuivre jusqu’à la date décidée avec le médecin. Un arrêt brutal expose à un syndrome de sevrage désagréable et parfois dangereux. La diminution se fait toujours progressivement. - Ce médicament est-il compatible avec d’autres traitements psychiatriques ou de la douleur ?
Oui, dans certains cas, mais TOUJOURS sous supervision médicale. Certains mélanges sont contre-indiqués ou nécessitent ajustement des doses et surveillance renforcée.