Disulfirame : Information Complète pour les Patients en France
1. Informations de Base sur le Produit
| Nom de la DCI | Disulfirame |
| Nom de marque en France | ESPERAL® |
| Code ATC | N07BB01 |
| Formes et dosages disponibles | Comprimé sécable : 500 mg Implant sous-cutané (hors AMM en France) |
| Laboratoires titulaires | Sanofi-Aventis France |
| Statut de délivrance | Médicament soumis à prescription médicale obligatoire (liste I) |
2. Mécanisme d’Action
Explication Simple :
Le Disulfirame bloque une enzyme de votre foie appelée aldéhyde déshydrogénase. Si vous buvez de l’alcool pendant le traitement, cela entraîne une augmentation de l’acétaldéhyde dans votre corps, provoquant des symptômes désagréables (bouffées de chaleur, nausées, palpitations). Ce mécanisme décourage la consommation d’alcool.
Pour les Professionnels de Santé :
Le Disulfirame inhibe irréversiblement l’activité de l’aldéhyde déshydrogénase hépatique, provoquant une accumulation d’acétaldéhyde. Cette accumulation est à l’origine de la réaction de type antabuse en cas d’ingestion concomitante d’éthanol.
3. Pharmacocinétique
- Absorption : Après administration orale, le Disulfirame est rapidement absorbé au niveau gastro-intestinal.
- Métabolisme : Largement métabolisé dans le foie, il donne plusieurs métabolites actifs (dont le diéthylthiocarbamate).
- Élimination : Essentiellement par voie urinaire, sous forme de glucuronide et de produits soufrés ; élimination lente (1 à 2 semaines après l’arrêt du traitement).
- Durée d’action : Environ 1 à 2 semaines après la dernière prise, justifiant la prudence lors de la réintroduction d’alcool.
4. Utilisation au Quotidien et Bonnes Pratiques
- Posologie habituelle chez l’adulte : 500 mg/jour pendant 1 à 2 semaines, puis généralement dose d’entretien de 250 mg/jour.
- Le Disulfirame doit toujours être initié sous contrôle médical, après information du patient et obtention de son consentement éclairé.
- Il faut débuter le traitement au moins 24 heures après la dernière consommation d’alcool pour éviter une réaction aiguë.
- Un accompagnement psychosocial et un suivi médical régulier sont recommandés conjointement au traitement.
5. Prise le Matin ou le Soir
- Le matin :
- Facilite l’observance car elle s’inscrit dans la routine quotidienne.
- Risque moins élevé d’oubli chez les personnes ayant une activité diurne.
- Le soir :
- Peut être recommandé chez les patients ayant des effets indésirables digestifs en journée.
- À éviter si cela augmente le risque d’oubli de la prise.
- Conseil : Choisissez toujours une heure fixe, adaptée à vos habitudes personnelles.
6. Prise avec/Nature des Repas
- Le Disulfirame peut être pris avec ou sans aliments. Prendre avec un repas peut réduire les troubles digestifs (nausées, goût métallique).
- En France, il n’y a pas d’incompatibilité connue avec les aliments typiques (fromages, charcuterie, pain, etc.), mais il est essentiel d’éviter tout apport d’alcool et de produits susceptibles d’en contenir (soupes, sauces, desserts flambés, vinaigrettes maison, etc.).
7. Interactions – Mise en Garde
| Type d’interaction | Description / Risque |
| Alcool (boissons, médicaments, produits ménagers) | Réaction antabuse sévère (flush, hypotension, tachycardie, troubles respiratoires, risque de collapsus). Éviter absolument tout contact. |
| Médicaments contenant de l’alcool (sirop, sprays, etc.) | Risque de réaction antabuse. Lire systématiquement les notices. |
| Anticoagulants oraux (warfarine) | Augmentation possible de l’effet anticoagulant. Surveiller l’INR. |
| Métronidazole | Risque d’effets neurologiques majeurs (psychoses, délire). |
| Phénytoïne et autres antiépileptiques | Augmentation possible des concentrations plasmatiques. Contrôle rapproché nécessaire. |
| Isoniazide | Risque accru d’effets secondaires neurologiques. |
- Aliments à risque : sauces au vin, desserts flambés, certaines vinaigrettes, extraits de vanille ou d’amande à l’alcool.
8. Indications Officielles et Hors AMM
| Indication | Statut en France |
| Maintien de l’abstinence chez les patients alcoolodépendants | AMM (indication officielle) |
| Aide au sevrage alcoolique en relais d’une hospitalisation | AMM |
| Utilisation chez les adolescents de plus de 16 ans | Possible sur décision médicale (hors AMM, réserve de prudence) |
| Traitements psychiatriques complémentaires | Hors AMM, à évaluer au cas par cas |
9. Posologies Selon les Indications
| Population / Indication | Posologie initiale | Entretien |
| Adultes | 500 mg/jour (1 à 2 semaines) | 250 mg/jour |
| Adolescents (≥16 ans) | 125 à 250 mg/jour | Selon tolérance |
| Personnes âgées | Commencer à dose réduite (125 à 250 mg/jour) | Adapter selon réponse clinique |
10. Profil de Sécurité et Effets Indésirables
| Fréquence | Effets indésirables | Description / Conduite à tenir |
| Très fréquent | Goût métallique, somnolence, fatigue | Généralement transitoire, informer le patient |
| Fréquent | Troubles digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales) | Peut diminuer avec la prise alimentaire |
| Peu fréquent | Éruptions cutanées, maux de tête, troubles hépatiques | Surveillance régulière du bilan hépatique |
| Rare | Hépatite, psychose, neuropathies | Arrêt immédiat du traitement et avis médical en urgence |
| En cas d’ingestion d’alcool | Réaction antabuse sévère (flush, tachycardie, hypotension, choc, troubles respiratoires) | Consulter en urgence – traitement symptomatique |
11. Conseils de Bon Usage
- Lisez attentivement la notice et demandez conseil à votre pharmacien ou médecin.
- Informez toujours tous les soignants de votre traitement par Disulfirame.
- Soyez vigilant sur les sources cachées d’alcool dans l’alimentation et les médicaments.
- Ne jamais interrompre brutalement le traitement sans avis médical.
- En cas d’effets indésirables inhabituels, contactez rapidement un professionnel de santé.
- N’associez pas Disulfirame avec des traitements du sevrage tabagique sans avis médical.
12. Alternatives Thérapeutiques Remboursées par l’Assurance Maladie
- Acamprosate (Aotal®) — diminue le craving alcoolique, peu de risque de réaction avec l’alcool, bien toléré.
- Naltrexone (Revia®, génériques) — réduit le plaisir associé à l’alcool, surveillance hépatique nécessaire.
- Baclofène — efficacité variable, titration lente, effets secondaires neuromusculaires possibles.
- Comparatif :
- Le Disulfirame impose l’abstinence par effet dissuasif ; les autres molécules favorisent la réduction/contrôle de la consommation.
- Disulfirame efficace chez les patients adhérents, nécessitant un engagement fort dans une démarche d’abstinence.
- Acamprosate et Naltrexone adaptés aux patients souhaitant une réduction/contrôle mais non l’abstinence stricte immédiate.
13. Aspect Légal, Enregistrement et Remboursement
- Autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par l’ANSM.
- Délivrance uniquement sur prescription médicale, renouvellement limité au regard du plan personnalisé de soins.
- Remboursement par l’Assurance Maladie à 65 % (code LPPR sécurisé).
- Inscrit au répertoire des médicaments remboursables de la Sécurité Sociale (liste des traitements de la dépendance à l’alcool).
- Non disponible en vente libre ; délivrance possible après vérification de l’absence de contre-indications.
14. Dernières Recommandations et Recherches (2022–2025)
- La HAS (2022) positionne le Disulfirame comme thérapeutique de 2e intention, avec priorité aux autres traitements moins contraignants (Acamprosate, Naltrexone).
- Revue Inserm 2023 : Le Disulfirame reste utile chez les patients très motivés pour l’abstinence, surtout en contexte de suivi médico-psychosocial renforcé.
- Littérature internationale (Liver Int. 2024, Ther Adv Psychopharmacol 2023) — efficacité prouvée seulement si l’observance et l’encadrement sont optimaux ; vigilance sur le risque hépatique.
- Mise à jour 2024 : surveillance hépatique accrue recommandée chez tous les patients au démarrage puis au moins tous les 6 mois.
15. Disponibilités, Présentations et Délais de Livraison
| Présentation | Quantité de comprimés | Prix indicatif | Délai de livraison Paris | Délai de livraison Lyon | Délai de livraison Marseille |
| Comprimés ESPERAL® 500 mg | 20 | Environ 15 € (hors honoraires de dispensation) | 24–48 h | 24–72 h | 24–72 h |
16. Foire Aux Questions (FAQ)
- Peut-on guérir de l’alcoolisme avec le Disulfirame ?
Non, le Disulfirame n’est pas une “guérison” mais un outil pour maintenir l’abstinence en provoquant une réaction désagréable en cas de prise d’alcool. Il s’intègre dans une démarche globale de soins, incluant soutien psychologique et accompagnement. - Combien de temps doit-on prendre le Disulfirame ?
La durée dépend de la situation de chaque patient. Généralement, la prescription dure quelques mois, renouvelée en fonction des résultats et de la stabilité de l’abstinence, sous contrôle médical régulier. - Quels sont les aliments ou produits alimentaires à éviter absolument ?
Tous les produits contenant, même en faible quantité, de l’alcool : sauces cuisinées au vin, desserts flambés, vinaigrettes maison avec alcool, boissons alcoolisées, certains sirops ou médicaments. Bien lire les étiquettes et demander conseil à votre pharmacien. - Le Disulfirame est-il compatible avec d’autres médicaments ?
Certains médicaments interagissent avec le Disulfirame, notamment les anticoagulants, métronidazole, phénytoïne. Indiquez toujours à votre médecin tous vos traitements au démarrage. - Que faire en cas d’oubli d’une dose ?
Prenez la dose oubliée dès que possible, sauf si l’heure de la dose suivante approche. Ne doublez jamais la dose pour compenser.
Pour toute question, consultez votre pharmacien ou votre médecin traitant.