Compazine (Prochlorpérazine) – Guide Patient France
Informations de base sur le produit
| Dénomination commune internationale (DCI) | Prochlorpérazine |
| Nom(s) commercial(ux) en France | Compazine*, Stemetil (rare), génériques Prochlorpérazine Eg, Arrow |
| Code ATC | N05AB04 |
| Formes disponibles | Comprimés (5 mg, 10 mg), suppositoires (proposé peu fréquemment), injectables IM/IV (dans les hôpitaux) |
| Fabricants | Bristol-Myers Squibb, sociétés génériques françaises (EG Labo, Arrow) |
| Statut de prescription | Médicament soumis à prescription médicale obligatoire (liste I) |
*Compazine : Nom historique, très utilisé à l’international, parfois indiqué sur les sites d'information FR, mais aujourd’hui ce sont surtout les génériques qui prédominent. Mécanisme d’action
Termes simples : La Prochlorpérazine appartient à la famille des phénothiazines. Elle agit en bloquant certains messagers chimiques du cerveau, principalement la dopamine. Cela aide à contrôler les nausées, vomissements et certains troubles psychiatriques. Elle « calme » certaines zones du cerveau responsables du réflexe de vomissement et de l’agitation.
Pour les spécialistes : Antagoniste des récepteurs dopaminergiques (D2, principalement au niveau du système mésolimbique, tronc cérébral, zone de déclenchement des chémorécepteurs). Effets secondaires extrapyramidaux possibles via inhibition des voies nigrostriées.
Pharmacocinétique
- Absorption : Rapide et bien absorbée par voie orale. Biodisponibilité variable (10-60%).
- Métabolisme : Principalement hépatique (cytochrome P450, notamment CYP2D6).
- Élimination : Majoritairement via les urines (métabolites inactifs) et, à moindre part, la bile.
- Durée d’action : 4 à 6 heures (oral) ; jusqu’à 12 heures pour certaines formes (suppositoire, injectable).
Utilisation quotidienne et bonnes pratiques (Contexte France)
- Posologies usuelles : Chez l'adulte, 5 à 10 mg 2 à 3 fois par jour (jusqu’à 40 mg/j en situations aiguës, sur avis médical strict).
- Comment utiliser : Prise orale avec une petite quantité d’eau, de préférence à heures fixes (matin, midi, soir).
- En France : Prescrite principalement via ordonnance renouvelable par le médecin généraliste ou spécialiste. Suivi obligatoire lors de traitements prolongés.
- Prudence chez l’enfant et la personne âgée : Doses réduites, surveillance accrue.
- Attention : Respecter les conseils du pharmacien et ne pas arrêter le traitement brutalement sans avis médical.
Prise le matin versus le soir : conseils de régularité
- Avantages du matin : Prise avec le petit-déjeuner pour minimiser les troubles digestifs et la somnolence.
- Prise le soir : Peut être utile si somnolence importante, ou en prévention des nausées nocturnes/vomissements nocturnes.
- Conseil : Essayez d’espacer les prises de façon régulière (toutes les 8-12h). Évitez de l’utiliser après 22h si vous êtes sensible à la sédation.
Prise en lien avec les repas et habitudes alimentaires françaises
- Peut être prise pendant ou en dehors des repas.
- Conseillé en pratique en France : Prendre avec un repas pour ceux souffrant de troubles digestifs ou d’acidité gastrique.
- Pas d’interaction connue avec des aliments typiques (café, fromage, charcuterie), mais prudence avec l’alcool (voir interactions).
Avertissements sur les interactions
| Type d’interaction | Détail | Conseils France |
| Aliments | Pas de contre-indication alimentaire stricte | Prendre avec ou sans nourriture selon tolérance digestive |
| Alcool | Risque augmenté de sédation, confusion, troubles moteurs | Éviter strictement l’alcool pendant le traitement |
| Médicaments antidépresseurs | Augmentation des effets sédatifs | Surveillance médicale, informer votre médecin/pharmacien |
| Antihypertenseurs | Risque d’hypotension majorée | Signalez toute sensation de vertige au professionnel de santé |
| Médicaments dopaminergiques (Parkinson) | Antagonisme des effets | Danger : à éviter si vous êtes traité pour la maladie de Parkinson |
| Autres neuroleptiques | Risque majoré d’effets indésirables neurologiques | Discussion obligatoire avec votre médecin en cas d’association |
Indications (reconnues et hors AMM)
| Indication | Situation | Statut en France |
| Nausées et vomissements sévères | En lien avec chimiothérapie, radiothérapie, infections, migraines | AMM/Officiel |
| Traitement des épisodes psychotiques aigus | Agitation, délires, troubles du comportement aigus | AMM/Officiel |
| Prévention et traitement du mal des transports (réfractaire) | En cas d’inefficacité des alternatives classiques | Hors-AMM / Usage exceptionnel |
| Vertiges d’origine vestibulaire | Traitement d’appoint chez l’adulte | AMM/Officiel |
| Syndrome de Ménière | Certaines situations rebelles | Hors-AMM / Sur avis spécialisé |
Posologies selon l’indication (adulte, pédiatrique, personne âgée)
| Population | Indication | Posologie habituelle | Remarque |
| Adulte | Nausées, vomissements | 5 à 10 mg 2–3 fois/jour (max. 40 mg/j) | Comprimé ou injectable selon gravité |
| Adulte | Épis. psychotiques aigus | 10 à 20 mg, 1–2 fois/j (+ adaptation au cas par cas) | Surveillance clinique et ECG recommandée |
| Enfant | Nausées, vomissements (usage spécialisé) | 0,1 mg/kg à 0,5 mg/kg/j en 2–3 prises | Réservé à l’initiation hospitalière |
| Personne âgée | Toutes indications | Commencer à la moitié de la dose adulte | Risque accru d’effets secondaires |
Profil de sécurité et effets indésirables
- Fréquents : Somnolence, sécheresse de la bouche, constipation, flou visuel, hypotension orthostatique
- Occasionnels : Prise de poids, agitation, maux de tête, troubles de la mémoire
- Rares : Réactions allergiques sévères (œdème de Quincke), dyskinésies (mouvements anormaux), syndrome malin des neuroleptiques (urgence !)
- Précautions : Risque augmenté chez l’enfant et la personne âgée, particulièrement pour les troubles moteurs (syndromes extrapyramidaux).
| Effet secondaire | Fréquence | Conseil |
| Somnolence | Très fréquent (>10%) | Éviter de conduire ou d’utiliser des machines. |
| Bouche sèche, constipation | Fréquent | Hydratation, alimentation équilibrée riche en fibres. |
| Effets extrapyramidaux | Rare-moyen | Prévenir votre médecin rapidement |
| Risque cardiaque (QT long) | Rare | Surveillance ECG chez sujets à risque |
| Syndrome malin des neuroleptiques | Exceptionnel | Arrêter immédiatement et consulter sans délai |
Conseils pratiques d’utilisation (France)
- Lisez toujours la notice remise par le pharmacien.
- Respectez l’ordonnance et évitez l’auto-médication ou les prolongations sans avis.
- Signalez tout effet secondaire ou malaise au pharmacien.
- En cas d’oubli, ne doublez jamais la dose suivante.
- Ranger hors de la portée des enfants, dans un endroit frais et sec.
- Pour les femmes enceintes ou allaitantes, avertir systématiquement le professionnel de santé (usage déconseillé sauf nécessité extrême).
- L’arrêt brutal peut provoquer de graves troubles (agitation, nausées de rebond) : réduction progressive sous supervision médicale.
Alternatives thérapeutiques en France (Liste, comparaison)
- Métoclopramide (Primpéran, génériques) : Principal antiémétique, mieux toléré, efficacité similaire, surveillance sur QT, contre-indiqué chez l'enfant de <1 an.
- Domperidone (Motilium) : Efficace sur nausées, moins de troubles neurologiques, mais surveillé sur le cœur (QT), usage restreint après 2014.
- Ondansétron (Zofran, génériques) : Orientation préférentielle pour les nausées liées à chimiothérapie, remboursement Sécu, coût supérieur.
- Autres phénothiazines (Levopromazine, Chlorpromazine) : Plus sédatifs, plus d’effets indésirables, usage hospitalier.
Légalité, enregistrement et remboursement (France)
- Enregistrement : AMM délivrée par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé).
- Disponibilité : Dispensé en pharmacie d’officine sur ordonnance médicale uniquement.
- Remboursement : Pris en charge à 65% (hors ticket modérateur) par la Sécurité sociale française pour les indications validées (nausées, vomissements, psychoses aiguës).
- Prescription : Obligatoire, renouvellement limité et surveillance spécialisée recommandée pour usages chroniques.
- Stupéfiant : Non
Données récentes et recommandations cliniques 2022–2025
- Mises à jour HAS/ANSM : Place en 2e intention pour les nausées et vomissements (rapport Primpéran/Ondansétron privilégié à 1ère intention), surveillance accrue du risque extrapyramidal (ANSM, 2022-2024).
- Recherche internationale : La prochlorpérazine conserve un intérêt pour les nausées résistantes et certains vertiges rebelles (revue Neuropsychiatric Disease and Treatment, 2023).
- Prévention : Surveillance ECG recommandée chez les patients avec antécédents cardiaques ou traitement prolongé.
- Recommandation pédiatrique : Utilisation restreinte, et sous stricte surveillance médicale, notamment en raison du risque neurologique accru chez l’enfant.
Disponibilité, conditionnements, délais et prix indicatifs
| Forme | Conditionnements courants | Prix indicatif (oct. 2024) | Délai moyen de livraison* |
| Comprimés 10 mg | Boîte de 30, 60 | Entre 3,50 € et 8,10 € | 1–2 jours Paris, Lyon, Marseille ; 2–4 jours ailleurs |
| Suppositoires 5 mg | Boîte de 12 | Environ 5,60 € | 2–4 jours |
| Injectables IM/IV (hôpital) | Ampoules de 2 ml | N/A (usage hospitalier) | N/A |
*Livraison par pharmacie titulaire ou via dispositif Monpharmacien ; variable selon stock et zone géographique. FAQ – Questions fréquentes et réponses
- Ce médicament est-il dangereux sur le long terme ?
La Prochlorpérazine doit être utilisée le moins longtemps possible, sous contrôle régulier, en raison du risque de troubles moteurs, métaboliques et cardiaques. Discutez toujours de la durée de votre traitement avec votre médecin. - Ce médicament est-il compatible avec la conduite ?
Il peut causer de la somnolence et des troubles de la vigilance, surtout au début du traitement. Il est recommandé d’éviter la conduite et les machines dangereuses jusqu’à ce que vous connaissiez bien votre réaction au médicament. - Puis-je boire de l’alcool pendant ce traitement ?
L’alcool potentialise les effets sédatifs et diminue la vigilance. L’association à la Prochlorpérazine est formellement déconseillée. - Que faire en cas de surdosage ?
En cas de prise accidentelle d’une quantité importante, contactez immédiatement le centre antipoison (01 40 05 48 48), votre médecin ou rendez-vous aux urgences. Surveillez toute somnolence inhabituelle, trouble de la respiration ou mouvements anormaux. - Est-il possible de prendre ce médicament pendant la grossesse ou l’allaitement ?
L’utilisation n’est envisagée qu’en cas de nécessité absolue. Prévenez impérativement votre médecin et votre pharmacien qui évalueront le rapport bénéfice/risque.
En résumé : La Prochlorpérazine (Compazine, génériques) est un médicament utile dans la prise en charge des nausées, vomissements et certains troubles psychiques, avec une prescription et un suivi obligatoires. Sa prise doit se faire toujours sous contrôle médical, en s'informant de ses risques et alternatives. Pour tout doute, rapprochez-vous de votre médecin, pharmacien ou service d’information médicament de votre hôpital.