Médicament : Cilostazol
Informations de base
| Dénomination commune internationale (DCI) | Cilostazol |
| Marques disponibles en France | Pletal®, génériques (ex: Cilostazol Sandoz, Arrow, Zentiva) |
| Code ATC | B01AC23 |
| Formes et dosages disponibles | Comprimés pelliculés : 50 mg & 100 mg |
| Laboratoires (France) | Otsuka, Sandoz, Arrow, Zentiva, Mylan, EG Labo, etc. |
| Statut de délivrance | Médicament délivré uniquement sur ordonnance médicale (liste I) |
Mécanisme d’action
Pour les patients : Le cilostazol agit en améliorant la circulation sanguine, surtout dans les jambes. Il aide à élargir les vaisseaux sanguins et empêche les plaquettes de coller entre elles, ce qui réduit les risques de caillots. Il est principalement prescrit pour améliorer la marche chez les personnes atteintes de maladies artérielles des jambes.
Pour les spécialistes : Inhibiteur sélectif et réversible de la phosphodiestérase III, le cilostazol augmente l’AMPc intra-plaquettaire, possède des effets antiplaquettaires, vasodilatateurs et inhibiteurs de la prolifération des cellules musculaires lisses vasculaires.
Pharmacocinétique
- Absorption : Bonne biodisponibilité orale (>90 %). Le pic sanguin est atteint en 2 à 4 heures.
- Métabolisme : Hépatique (foie), principalement via les enzymes CYP3A4 et CYP2C19.
- Élimination : Rénale (urine, 74 %) et fécale (20 %).
- Durée d’action : Effet maximal au bout de 2 à 4 semaines de traitement continu.
- Demi-vie d’élimination : 11 à 13 heures.
Utilisation au quotidien et bonnes pratiques en France
- Indication principale : Traitement des symptômes de la claudication intermittente (douleur à la marche due à une mauvaise circulation dans les jambes).
- Posologie typique adulte : 100 mg deux fois par jour.
- Mode d'emploi : Prendre le comprimé avec un demi-verre d’eau, généralement matin et soir, toujours à la même heure pour une efficacité optimale.
- Durée : Bénéfices observés après 4 à 12 semaines de traitement régulier.
- Population : Surtout les adultes, en particulier les personnes âgées; non recommandé chez les enfants.
- En France : Médicament fréquemment prescrit dans les centres de chirurgie vasculaire et angiologie; remboursement partiel par l’Assurance Maladie sous conditions.
Moment de prise : matin vs soir
- Prendre matin et soir avec un intervalle régulier (12h entre prises, si possible). L’important est la constance pour limiter les variations de la concentration dans le sang.
- Astuces : Associer la prise à un repas ou une activité régulière (petit-déjeuner/dîner).
- Avantages matin : Peut éviter certains maux de tête nocturnes.
- Inconvénients soir : Possibles troubles du sommeil ou palpitations chez certains patients.
Alimentation : avec ou sans nourriture
- Le cilostazol doit être pris 30 minutes avant ou 2 heures après un repas, car la présence d’aliments riches en graisses peut augmenter son absorption et donc le risque d’effets secondaires.
- En contexte alimentaire français : Évitez de le prendre au moment des repas principaux (petit-déjeuner, déjeuner, dîner), surtout les repas traditionnels copieux.
Interactions (aliments, alcool, médicaments)
| Type d’interaction | Exemples | Conseils |
| Aliments riches en graisses | Charcuterie, fromages, plats frits | Éviter autour de la prise |
| Jus de pamplemousse | Bocaux, jus frais | À éviter (augmente la concentration de cilostazol) |
| Alcool | Vin, bière, spiritueux | Limiter la consommation |
| Médicaments anti-coagulants | Warfarine, aspirine | Surveillance accrue, informez votre médecin/pharmacien |
| Antihypertenseurs | Inhibiteurs calciques, β-bloquants | Ajustement posologique possible |
| Inhibiteurs/inducteurs CYP3A4 et CYP2C19 | Erythromycine, kétoconazole, oméprazole | Consultez votre médecin |
Indications (officielles, hors AMM)
| Indication | Statut | Commentaires |
| Claudication intermittente due à une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) | AMM (Autorisation de mise sur le marché) | Médicament de 2e intention (échec des mesures non pharmacologiques) |
| Prévention des thromboses après angioplastie périphérique | Hors AMM | Usage spécialisé, sur décision du médecin |
| Prévention secondaire d’AVC ischémique | Non recommandé en première intention en France | Réservé à des cas particuliers encadrés |
Posologies selon indication
| Indication | Posologie adulte | Personnes âgées | Enfant/adolescent |
| AOMI | 100 mg 2x/jour | Possible adaptation selon tolérance | Non recommandé |
| Thrombose post-angioplastie | 50-100 mg 2x/jour | Surveillance accrue | Non recommandé |
| Prévention secondaire d’AVC (hors AMM) | 100 mg 2x/jour | Voir avis spécialisé | Non applicable |
Profil de tolérance et sécurité
- Effets indésirables fréquents (>10%) :
- Céphalées (maux de tête)
- Diarrhées, douleurs abdominales
- Palpitations, tachycardie
- Œdèmes périphériques
- Effets indésirables peu fréquents (1–10%) :
- Éruptions cutanées, démangeaisons
- Vertiges
- Anémie, saignements
- Crampes musculaires
- Effets rares (<1%) ou graves :
- Insuffisance cardiaque aggravée
- Accidents vasculaires
- Réactions allergiques sévères
- Mises en garde : Déconseillé chez les patients ayant une insuffisance cardiaque. Arrêt immédiat en cas de saignement sévère ou d’allergie.
Conseils pour une utilisation optimale
- Respectez strictement la prescription médicale ; ne jamais modifier la dose sans l’avis du médecin.
- Signalez tout effet secondaire inhabituel.
- Rappel : la marche régulière est complémentaire au traitement.
- En cas d’oubli, ne doublez jamais la dose suivante.
- Gardez le médicament hors de portée des enfants.
- Demandez conseil à votre pharmacien concernant la gestion des interactions avec d’autres médicaments.
- Pensez à tenir un carnet de suivi (pratique en France selon les recommandations HAS).
Alternatives thérapeutiques (et comparatif succinct)
| Médicament | Classe | Remboursement Sécurité Sociale | Avantages | Inconvénients |
| Naftidrofuryl | Vasodilatateur | Oui (partiel) | Moins d’effets cardiaques, mieux toléré | Efficacité parfois moindre en cas d’AOMI sévère |
| Buflomédil (retrait du marché) | Vasodilatateur alpha | Non | — | Indisponible (toxicité neurologique et cardiaque) |
| Pravastatine, Atorvastatine | Hypolipémiants | Oui | Bénéfices CV globaux | Ne traite pas la claudication |
| Inhibiteurs de l’agrégation plaquettaire (ex : aspirine, clopidogrel) | Anti-plaquettaires | Oui | Prévention des complications cardiovasculaires | Effets moins marqués sur la marche |
Statut légal, enregistrement et prise en charge en France
- Autorisation : AMM délivrée par l’ANSM et EMA
- Prescription : Sur ordonnance médicale, renouvelable sous contrôle du médecin traitant ou spécialiste
- Remboursement : Prise en charge partielle (30 %) par l’Assurance Maladie sous conditions (AOMI claudication intermittente résistante à la rééducation)
- Inscription au Répertoire France : Oui (liste I, spécialités génériques disponibles)
- Dispense : Réservé à la pharmacie d’officine ou hospitalière
Actualités et recommandations cliniques (2022–2025)
- Les recommandations HAS 2023 et la Société Française de Médecine Vasculaire recommandent le cilostazol comme médicament de 2e ligne après échec du naftidrofuryl ou impossibilité de rééducation à la marche.
- Des études internationales récentes (Lancet, J. Vasc. Surg. 2023-2024) confirment un bénéfice modeste mais significatif sur la distance de marche, sans avantage direct sur la mortalité ou les complications majeures.
- Expérimentations en cours sur nouvelles indications (prévention AVC), mais pas d’extension d’AMM en France à ce jour.
Disponibilité, conditionnements et livraison en France
| Dosage | Nombre de comprimés/boîte | Prix indicatif (hors remboursement) | Livraison en pharmacie (principales villes) |
| 50 mg | 56 comprimés | Env. 28–32 € | Paris, Lyon, Marseille, Lille : 24–48h ; zones rurales : 2–4 jours |
| 100 mg | 56 comprimés | Env. 33–38 € | Paris, Lyon, Marseille, Lille : 24–48h ; zones rurales : 2–4 jours |
FAQ – Questions courantes
- 1. Combien de temps avant d’observer une amélioration avec le cilostazol ?
La plupart des patients constatent une amélioration de la distance de marche après 4 à 12 semaines de traitement régulier. - 2. Est-il dangereux de prendre le cilostazol avec mes autres médicaments ?
Certaines interactions existent. Prévenez toujours votre médecin ou votre pharmacien de tous les médicaments, y compris sans ordonnance ou à base de plantes, que vous prenez. - 3. Peut-on boire de l’alcool en cours de traitement ?
La consommation modérée d’alcool est tolérée mais doit être limitée et encadrée, en raison du risque accru d’effets secondaires. - 4. Le cilostazol est-il compatible avec un régime alimentaire français (fromages, charcuteries, repas copieux) ?
Il est préférable d’éviter les repas riches en matières grasses autour de la prise du médicament pour limiter les risques d’effets secondaires. - 5. Que faire en cas d’oubli d’une dose ?
Prenez la dose oubliée dès que possible, sauf si la dose suivante est proche. Ne doublez jamais la dose suivante.