Bromocriptine (DCI) – Informations complètes pour les patients en France
Informations de base sur le produit
- Nom de la Dénomination Commune Internationale (DCI) : Bromocriptine
- Noms commerciaux en France : Parlodel®, Bromocriptine Zentiva®, Bromocriptine Mylan®, autres génériques
- Code ATC : N04BC01
- Formes et dosages disponibles :
- Comprimé sécable (2,5 mg)
- Capsule (5 mg et 10 mg, sous certaines marques)
- Laboratoires fabricants : Novartis, Mylan, Zentiva, Teva, Sandoz (génériques)
- Statut de prescription : Médicament soumis à prescription médicale obligatoire (liste I)
Mécanisme d’action
La bromocriptine est un agoniste des récepteurs dopaminergiques D2. Cela signifie qu’elle imite l’action de la dopamine, un messager chimique essentiel dans le cerveau. Elle agit en réduisant la libération de prolactine et en modulant certains mouvements et fonctions motrices (effet central). Pour les spécialistes : ce médicament stimule les récepteurs D2 de la substance noire, hypothalamus et pars tuberalis. Elle inhibe également la sécrétion excessive de prolactine par l’hypophyse antérieure et possède un effet antiparkinsonien.
Pharmacocinétique
- Absorption : Bien absorbée par voie orale (biodisponibilité de 28 % à cause d’un fort effet de premier passage hépatique).
- Pic plasmatique : Environ 1 à 3 heures après la prise.
- Métabolisme : Principalement hépatique, via le cytochrome P450.
- Élimination : S’effectue surtout par la bile et les selles, avec une part minime par l’urine.
- Durée d’action : De 8 à 12 heures en moyenne.
Utilisation dans la vie quotidienne et bonnes pratiques
La bromocriptine est prescrite pour plusieurs indications. Sa posologie dépend de la pathologie traitée. Elle doit toujours être prise sous surveillance médicale, en commençant par de faibles doses, puis en augmentant progressivement pour limiter les effets secondaires.
- Posologie typique :
- Hyperprolactinémie : Débuter avec 1,25 mg à 2,5 mg par jour (en une ou deux prises), puis augmenter lentement jusqu’à l’efficacité clinique.
- Maladie de Parkinson : Dose initiale : 1,25 mg/j, augmentation progressive de 1,25 mg tous les 3 à 7 jours, selon la tolérance, jusqu'à 10-40 mg/j max.
- Conseils pratiques : Prendre à heure fixe pour maintenir une concentration stable. Adapter la prise avec les repas pour limiter les troubles digestifs.
Prise le matin vs le soir
- Le matin : Meilleure tolérance digestive. Favorise la vigilance diurne. Préférée chez les patients actifs.
- Le soir : Utile si la somnolence ou hypotension orthostatique gênent la journée. Éviter la prise juste avant le coucher pour limiter les cauchemars/rêves vifs.
- Astuce : La régularité de prise (mêmes heures chaque jour) minimise les risques d’effets indésirables et optimise l’efficacité.
Prise avec ou sans nourriture (repas à la française)
- La bromocriptine doit idéalement être prise pendant les repas pour réduire les nausées et favoriser la tolérance digestive.
- Évitez de prendre le médicament à jeun, surtout si vous êtes sensible aux troubles gastro-intestinaux.
- En France, les repas traditionnels étant copieux (déjeuner, dîner), il est conseillé d’associer la prise à l’un d’eux pour un meilleur confort.
Avertissements d’interactions
| Interaction | Exemple | Conséquence |
|---|---|---|
| Aliments riches en protéines | Repas riche en fromage, charcuterie | Pas de contre-indication spécifique, mais risque de ballonnements accru |
| Alcool | Vin, bière, spiritueux | Majoration de la somnolence/diminution de la vigilance |
| Médicaments antihypertenseurs | IEC, bêtabloquants | Risque de baisse excessive de la tension artérielle |
| Médicaments psychiatriques | Halopéridol, rispéridone | Diminution de l’efficacité de la bromocriptine |
| Macrolides (antibiotiques) | Érythromycine, clarithromycine | Augmentation du taux sanguin de bromocriptine (risque de toxicité) |
| Contraceptifs oraux | Pilules combinées | Peut réduire l’efficacité de la bromocriptine sur la prolactine |
Indications (AMM et hors AMM)
| Indication | Statut réglementaire | Description |
|---|---|---|
| Hyperprolactinémie (femmes et hommes) | AMM | Traitement des troubles liés à un excès de prolactine : aménorrhée, galactorrhée, infertilité, gynécomastie |
| Maladie de Parkinson | AMM | Utilisée seule ou en association avec la L-dopa |
| Acromégalie | AMM | En complément d’autres traitements |
| Inhibition de la lactation physiologique | AMM (restriction post-2014 : pathologies précises uniquement) | Cas exceptionnels (ex. : mortalité néonatale, contre-indication allaitement) |
| SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) | Hors AMM | Utilisation possible selon avis spécialisé |
| Prévention de la migration de lait après accouchement | Non recommandé sauf indications médicales précises | Usage sévèrement encadré |
Posologie selon l’indication
| Indication | Adultes | Pédiatrie | Personnes âgées |
|---|---|---|---|
| Hyperprolactinémie | 1,25–2,5 mg/j → jusqu’à 5–7,5 mg/j | Débuter à 1,25 mg/j, adapter selon tolérance | Idem adultes, ajuster en cas d’insuffisance rénale/hépatique |
| Parkinson | Début : 1,25 mg/j, augmentation progressive jusqu’à 10–40 mg/j | Utilisation exceptionnelle ; dose adaptée, suivi renforcé | Début dosage bas, progressif + surveillance |
| Acromégalie | 1,25 à 5 mg, 2–3 fois/j | Non recommandé | Surveillance accrue |
| Inhibition lactation | 2,5 mg 2x/j, pendant 14 jours | Non recommandé sauf indication formelle | Ajustement selon tolérance |
Profil de sécurité / effets indésirables
- Fréquents : Nausées, vomissements, maux de tête, hypotension orthostatique, somnolence, troubles digestifs
- Moins fréquents : Fatigue, vertiges, congestion nasale, crampes musculaires
- Rares (<1 %) : Troubles psychiques (confusion, hallucinations), troubles du comportement impulsif, réactions allergiques, convulsions
- Après administration prolongée, risques de fibrose cardiaque/pleurale (à surveiller via examens réguliers chez les sujets à risque)
- Arrêt brutal : risque de syndrome de sevrage dopaminergique (notamment en maladie de Parkinson)
Conseils d’utilisation adaptés à la France
- Fractionnez la dose pour minimiser les effets digestifs
- Ne jamais arrêter brutalement sans avis médical, surtout pour la maladie de Parkinson
- Surveillez la tension artérielle au début du traitement
- Signalez tout trouble psychique, hallucination ou impulsivité récente à votre médecin
- Des examens cardiaques réguliers sont recommandés lors d’un traitement prolongé
- Informer systématiquement votre pharmacien/médecin de tous les médicaments en cours
Alternatives thérapeutiques (remboursées par l’Assurance Maladie)
| Molécule | Indication principale | Comparaison |
|---|---|---|
| Cabergoline | Hyperprolactinémie | Moins de prises par semaine, meilleure tolérance, coût plus élevé |
| Quinagolide | Hyperprolactinémie | Posologie journalière, profil proche mais parfois mieux toléré |
| Pramipexole, ropinirole | Maladie de Parkinson | Bonne alternative en cas d’intolérance, posologies et effets secondaires à surveiller |
| Levodopa + inhibiteur de la dopa-décarboxylase | Maladie de Parkinson | Bases du traitement, bromocriptine en adjonction possible |
Bénéfices : La bromocriptine reste un choix de référence en France, surtout dans l’hyperprolactinémie, en raison de son efficacité et de son accessibilité. Les alternatives peuvent être préférées en cas d’effets secondaires gênants.
Statut légal, enregistrement et remboursement en France
- La bromocriptine possède une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM)
- Médicament remboursable à 65 % par l’Assurance Maladie pour ses indications validées
- Soumise à prescription médicale obligatoire (Liste I)
- Suivi pharmaceutique systématique à chaque dispensation
- Non disponible sans ordonnance
Actualités et recommandations récentes (2022-2025)
- Les guidelines françaises (HAS 2022) recommandent la bromocriptine en première intention pour l’hyperprolactinémie non compliquée, mais favorisent la cabergoline si intolérance.
- Pour la maladie de Parkinson, la bromocriptine est réservée aux situations d’intolérance ou d’échec des D3-agonistes plus récents (pramipexole, ropinirole).
- La sécurité cardiaque fait l’objet d’une vigilance renforcée, notamment avec l’apparition de troubles fibrosants chez certains patients (études Annales d’Endocrinologie 2023, Revue Neurologique 2024).
- L’ANSM rappelle en 2024 que la bromocriptine ne doit plus être utilisée pour l’inhibition de la lactation « de confort » ; indications très limitées suivant l’accouchement.
Disponibilité, conditionnements et prix
- Conditionnements courants : Boîtes de 30, 60 ou 90 comprimés de 2,5 mg
- Prix indicatif (mars 2024, hors remboursement) : environ 7–18 € la boîte de 30 comprimés 2,5 mg
| Ville | Délai de livraison estimé (commandes en ligne) |
|---|---|
| Paris | 24-48h |
| Lyon, Marseille, Lille, Strasbourg | 24-72h |
| Toulouse, Bordeaux, Nantes, Montpellier | 48-96h |
| Reste de la France | 2-5 jours ouvrés |
En cas de rupture, demandez à votre pharmacien les alternatives ou solutions de remplacement.
FAQ – Questions fréquentes de patients
- Est-ce normal d’avoir des nausées au début du traitement ?
Oui, les nausées sont fréquentes (surtout les premières semaines). Prendre la bromocriptine pendant le repas et augmenter la dose lentement permet de les limiter. En cas de vomissements répétés, contactez votre médecin. - Peut-on arrêter la bromocriptine dès que les symptômes disparaissent ?
Non, n’interrompez jamais le traitement sans l’avis du professionnel qui vous suit. Un arrêt brutal peut entraîner une rechute ou des symptômes de sevrage. - La bromocriptine est-elle compatible avec la grossesse ou l’allaitement ?
En cas de grossesse désirée ou confirmée, informez rapidement votre médecin. Le traitement pourra être poursuivi en début de grossesse sous contrôle médical. La bromocriptine n’est généralement pas compatible avec l’allaitement, car elle inhibe la production de lait. - Ce médicament provoque-t-il de la somnolence ? Puis-je conduire ?
La somnolence est possible, surtout en début de traitement. Évitez de conduire si vous ressentez ce type d’effet. Parlez-en à votre médecin pour adapter la posologie si nécessaire. - Que faire en cas d’oubli d’une prise ?
Prenez la dose manquée dès que possible si le moment s’y prête. S’il est presque l’heure de la dose suivante, ne prenez pas de double dose.
En résumé : La bromocriptine est un médicament efficace et reconnu dans le traitement de l’hyperprolactinémie et de la maladie de Parkinson. Pour une utilisation optimale et sécurisée, suivez scrupuleusement l’avis de votre médecin et les conseils de votre pharmacien.

