Amitriptyline : Description détaillée pour les patients en France
Informations générales sur le produit
- Nom international (DCI) : Amitriptyline
- Appellations commerciales en France : Laroxyl®, Elavil® (hors marché), génériques « Amitriptyline Zentiva », « Amitriptyline Viatris », etc.
- Code ATC : N06AA09
- Formes et dosages disponibles : Comprimés sécables (10 mg, 25 mg, 40 mg, 75 mg), gouttes buvables (40 mg/mL), solution buvable (25 mg/mL)
- Laboratoires fabricants : Zentiva, Mylan, Viatris, Arrow Génériques, autres marques
- Statut légal : Médicament délivré uniquement sur prescription médicale (Liste I)
Mécanisme d’action
L’amitriptyline est un antidépresseur tricyclique. Son principal mode d’action consiste à augmenter la concentration de certaines substances chimiques dans le cerveau — la sérotonine et la noradrénaline — en inhibant leur recaptage par les cellules nerveuses. Cela aide à corriger les déséquilibres chimiques qui peuvent provoquer la dépression et d’autres troubles.
Pour les spécialistes : l’amitriptyline inhibe principalement le recaptage présynaptique de la sérotonine (5-HT) et de la noradrénaline. Elle possède aussi une action antagoniste sur les récepteurs muscariniques, histaminiques H1 et alpha-adrénergiques, expliquant une partie des effets indésirables.
Pharmacocinétique
- Absorption : Après administration orale, l’absorption digestive est rapide et quasi complète. Les premiers effets sont perceptibles en 2 à 6 heures.
- Distribution : Forte fixation aux protéines plasmatiques (environ 95%), bon passage dans le tissu cérébral et le placentaire.
- Métabolisme : Foie, principalement via le cytochrome P450 (notamment CYP2D6). Produit principal : nortriptyline (actif).
- Élimination : Urinaire, sous forme métabolisée. Faible élimination fécale.
- Durée d’action : Demi-vie d’élimination 10 à 50 heures (moyenne 20–30h selon les sujets et l’âge).
Utilisation au quotidien et bonnes pratiques
En France, l’amitriptyline est prescrite principalement pour traiter :
- Dépression résistante ou sévère
- Douleurs chroniques (névralgies, migraines, fibromyalgie)
- Troubles du sommeil (troubles anxieux, insomnie d’origine dépressive)
- Enurésie nocturne chez l’enfant (rarement en première intention)
Le dosage varie selon l’indication, la tolérance et les caractéristiques du patient. L’initiation du traitement se fait à faible dose, en augmentant progressivement, sous la supervision du médecin, afin de limiter les effets secondaires. Ne jamais modifier la dose ou arrêter soudainement sans avis médical.
| Indication | Adulte | Personne âgée | Enfant (enurésie) |
|---|---|---|---|
| Dépression | 50–100 mg/jour (souvent le soir, augmentation par palier jusqu’à 150–200 mg/jour au max) | 25–75 mg/jour en 1–2 prises | Non |
| Douleurs chroniques | 10–75 mg/jour (débuter à 10–25 mg le soir) | 10–50 mg/jour | Non |
| Enurésie nocturne | — | — | 10–20 mg le soir (max. 50 mg, selon âge/poids) |
La réponse au traitement est généralement évaluée après 2 à 4 semaines. Le traitement est souvent poursuivi plusieurs mois pour prévenir les rechutes.
Prise le matin ou le soir : avantages & conseils
- Le soir : Recommandé pour la plupart des patients, car l’amitriptyline a un effet sédatif. Prendre avant le coucher limite la somnolence diurne (burden) et améliore la qualité du sommeil.
- Le matin : Préféré dans quelques rares situations où l'effet sédatif gênerait les activités professionnelles nocturnes ou le sommeil.
- Astuce : Prendre toujours à heure régulière, pour favoriser la stabilité des concentrations sanguines et limiter l’oubli.
Prise pendant les repas ou à jeun
L’absorption de l’amitriptyline n’est pas significativement influencée par les repas. Vous pouvez donc la prendre avec ou sans nourriture, selon vos préférences :
- Pris au cours ou juste après le repas du soir pour diminuer le risque de troubles digestifs (nausées, brûlures).
- Conseil français : Pour les personnes consommant un dîner copieux (ex : repas traditionnel français), associer la prise à la fin du repas est conseillé.
Interactions et précautions d’emploi
| Type | Exemple | Risque/Précaution |
|---|---|---|
| Médicaments | ISRS (fluoxétine, sertraline), IMAO, sympathomimétiques | Syndrome sérotoninergique, troubles du rythme |
| Alcool | Vin, apéritifs, bière | Majore la somnolence, le risque de chute |
| Aliments | Jus de pamplemousse | Risque d’augmentation de la toxicité (inhibition enzymatique au foie) |
| Médicaments allongeant le QT | Amiodarone, sotalol, certains antipsychotiques | Risque de troubles du rythme cardiaque grave |
| Autres | Anticholinergiques (atropiniques, oxybutynine) | Augmentation des effets secondaires atropiniques (bouche sèche, constipation...) |
Toujours signaler tous les médicaments (dont homéopathie, phytothérapie) et compléments alimentaires pris à votre médecin ou pharmacien.
Indications : AMM & usages reconnus
| Indication | Statut |
|---|---|
| Épisodes dépressifs majeurs (adultes) | AMM |
| Prévention/prophylaxie de la migraine (adultes et adolescents >12 ans) | Hors AMM, recommandée par la HAS |
| Douleurs neuropathiques chroniques (diabète, sciatique, fibromyalgie) | Hors AMM, recommandée |
| Troubles anxieux/sommeil | Hors AMM, usage clinique |
| Enurésie nocturne (enfant) | AMM |
Profil de sécurité et effets indésirables
- Effets indésirables courants :
- Sédation, somnolence diurne
- Bouche sèche, constipation
- Prise de poids modérée
- Hypotension orthostatique (risque de chute)
- Sueurs, troubles de la vision (vision floue)
- Effets rares mais graves :
- Troubles du rythme cardiaque (allongement QTc)
- Convulsions
- Syndrome sérotoninergique (si interaction avec d’autres antidépresseurs)
- Réactions allergiques (œdème, rougeur, démangeaisons)
- Mise en garde : Risque de toxicité accrue chez la personne âgée, l’enfant ou en cas de surdosage.
Consultez sans délai un médecin en cas de fièvre, palpitations, confusion, convulsions, éruptions cutanées étendues.
Conseils de bon usage par le pharmacien
- Respectez scrupuleusement la posologie et l’heure de prise prescrites.
- Ne jamais arrêter brutalement : risque de syndrome de sevrage (irritabilité, insomnie, troubles digestifs, céphalées...)
- Signaler toute apparition de pensées suicidaires, surtout lors de l’initiation ou d’un changement de dose.
- Adapter la conduite automobile/travail en hauteur : prudence car somnolence possible.
- Hydratez-vous bien et surveillez la régularité du transit.
- En cas d’oubli : prendre la dose oubliée si plusieurs heures avant le coucher, sinon attendre la prochaine prise.
Alternatives thérapeutiques (France, remboursées par l’Assurance Maladie)
- Antidépresseurs ISRS : Sertraline, escitalopram, fluoxétine (moins sédatifs, moins d’effets anticholinergiques, mais parfois moins efficaces sur la douleur chronique)
- Antidépresseur IRSNa : Duloxétine, venlafaxine (particulièrement pour douleur neuropathique)
- Antidépresseur tricyclique : Clomipramine (profil d’effets secondaires similaire)
- Anticonvulsivants : Prégabaline, gabapentine (indiqués dans les douleurs neuropathiques)
- Antalgiques : Paracétamol, tramadol (dans certains cas de douleur non neuropathique)
Le choix dépend de la situation clinique, de la tolérance individuelle et des contre-indications. Discutez avec votre médecin.
Situation légale, enregistrement et remboursement en France
- Enregistrement : Autorisé par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)
- Remboursement : Remboursé à 65% par l’Assurance Maladie pour les indications validées (dépression, enurésie...)
- Prescription : Obligatoirement sur ordonnance médicale (renouvellement autorisé par tout médecin)
- Vente : Uniquement en pharmacie d’officine
Dernières recommandations et recherches (2022–2025)
- Haute Autorité de Santé (HAS) : Recommande l’intégration d’amitriptyline dans la prise en charge de la douleur neuropathique après échec du paracétamol (Rapport 2022).
- Guideline européenne (EFNS, 2023) : Confirme l'intérêt de faibles doses pour la fibromyalgie et la prévention de la migraine.
- Étude française multicentrique (CHU Bordeaux, 2024) : Montre efficacité sur la qualité du sommeil perçue et diminution de la douleur chez les patients fibromyalgiques sous 25–50 mg/jour.
- Prudence : La surveillance ECG recommandée pour les patients à risque cardiaque, chez les plus de 65 ans ou en cas de polythérapie (snf.org, étude de pharmacovigilance 2023).
Disponibilité, conditionnements et prix indicatifs
| Dosage & forme | Conditionnement | Prix indicatif (€) |
|---|---|---|
| Comprimés 25 mg | boîte de 30 | 2,65 € |
| Comprimés 10 mg | boîte de 90 | 3,80 € |
| S. buvable (40 mg/mL) | Flacon 60 mL | 4,20 € |
| Ville | Délai retrait / livraison |
|---|---|
| Paris | En stock ou sous 24h |
| Lyon | En stock ou sous 24h |
| Lille | En stock ou sous 24h |
| Marseille | 24–48h si indisponible |
| Toulouse | 24–48h |
Questions fréquentes des patients (FAQ)
- Peut-on conduire un véhicule sous amitriptyline ?
L’amitriptyline peut provoquer une somnolence et une baisse de la vigilance. Conduite déconseillée en début de traitement ou lors d’augmentation de dose. Si aucune somnolence, la conduite peut être envisagée, mais restez vigilant. - L’amitriptyline fait-elle grossir ?
Une prise de poids modérée est possible, liée à une stimulation de l’appétit. Maintenir une alimentation équilibrée (modèle méditerranéen ou français traditionnel) et pratiquez une activité physique régulière pour limiter ce risque. - Combien de temps avant de ressentir les effets positifs ?
Les premiers bénéfices sur l’humeur ou la douleur apparaissent en général entre 2 et 4 semaines. N’arrêtez pas le traitement prématurément sans avis médical même en l’absence d’amélioration rapide. - Peut-on consommer de l’alcool ?
Il est fortement déconseillé de consommer de l’alcool sous amitriptyline : l’association majore la somnolence et le risque de chute, surtout chez la personne âgée. - Que faire en cas de surdosage ou d’oubli de prise ?
En cas de surdosage (prise accidentelle de plusieurs comprimés), contactez immédiatement le centre antipoison (01 40 05 48 48) ou appelez le 15. En cas d’oubli, ne doublez jamais la dose suivante ; reprenez à la dose habituelle.
Pour toute information complémentaire, votre médecin et votre pharmacien restent vos interlocuteurs privilégiés.

