Albendazole : Informations Complètes pour Patients et Professionnels de Santé en France
Informations de base sur le produit
| Dénomination commune internationale (DCI) | Albendazole |
|---|---|
| Marques disponibles en France | Zentel®, Eskazole® (hors AMM selon indications), génériques |
| Code ATC | P02CA03 |
| Formes & dosages | Comprimés à croquer ou avaler 400 mg, suspension buvable 40 mg/ml (certaines indications) Présentations pédiatriques et adultes |
| Laboratoires & fabricants | GlaxoSmithKline Santé Grand Public, Zentiva, Sanofi et laboratoires génériques |
| Statut de prescription | Médicament soumis à prescription médicale obligatoire (Liste I) |
Mécanisme d’action
En termes simples : L’albendazole agit contre de nombreux vers parasites en bloquant leur croissance et leur reproduction. Il provoque la mort des vers en interférant avec la capacité de ces parasites à utiliser le glucose, leur principale source d’énergie, provoquant ainsi leur destruction progressive et leur élimination de l’organisme.
Pour les spécialistes : L’albendazole est un benzimidazolé à large spectre qui inhibe la polymérisation de la tubuline parasite, bloquant ainsi la formation des microtubules essentiels à diverses fonctions cellulaires, dont le transport du glucose et la division cellulaire. Sa métabolisation hépatique génère de l’albendazole sulfoxyde, le principal métabolite actif.
Pharmacocinétique
- Absorption : Faible absorption intestinale (environ 5 % à jeun), augmentée en présence de lipides alimentaires.
- Métabolisme : Hépatique rapide, principalement par la cytochrome P450, conversion en albendazole sulfoxyde (métabolite actif).
- Élimination : Principalement biliaire, faible part urinaire. Demi-vie du sulfoxyde : 8–12 heures (varie selon indication et individu).
- Durée d’action clinique : Prolonge l’efficacité antiparasitaire plusieurs jours après la prise, favorisant l’éradication des œufs et larves.
Utilisation au quotidien et bonnes pratiques en France
L’albendazole est principalement utilisé pour traiter les infections dues à différents types de vers intestinaux ou tissulaires. En France, il fait partie du traitement standard des parasitoses telles que l’ascaridiose, l’ankylostomiase, l’oxyurose (surtout chez les enfants), et des parasitoses plus rares, comme la neurocysticercose ou l’échinococcose.
- Schéma classique adulte : 400 mg en prise unique ou pendant 3 jours consécutifs selon le type de parasitose.
- Enfant : Dose adaptée au poids et à l’âge, souvent 200 mg à 400 mg, parfois fractionnée.
- En pathologies graves ou chroniques (ex : échinococcose) : Traitements de plusieurs semaines à plusieurs mois, sous surveillance stricte.
Les comprimés sont à croquer chez les plus jeunes ou peuvent être avalés entiers avec un verre d’eau. La suspension buvable est adaptée aux enfants de moins de 2 ans ou en cas de difficultés de déglutition.
Prise le matin ou le soir : conseils pratiques
- Matin : Prise possible, permet de surveiller la tolérance digestive au cours de la journée, pratique pour les enfants avant l’école.
- Soir : Parfois recommandé en cas de gêne digestive. Peut être associé au repas du soir riche en lipides pour renforcer l’absorption.
- Conseils : Quel que soit le moment choisi, respectez l’heure de prise chaque jour en cas de traitement prolongé. Adoptez une routine fixe pour réduire l’oubli.
Prise avec ou sans repas : influence de l’alimentation et habitudes françaises
Prendre de l’albendazole au cours d’un repas, de préférence riche en matières grasses (fromage, huile d’olive, viande, etc.), augmente significativement son absorption (x5). Il est conseillé en France d’adapter la prise à un des principaux repas, surtout si une efficacité optimale est recherchée.
- A jeun : efficacité moindre, absorption réduite.
- Avec un repas léger : absorption légèrement améliorée.
- Repas complet avec lipides (ex: petit-déjeuner ou dîner traditionnel français) : absorption maximale.
Interactions : recommandations et précautions
| Catégorie | Interaction | Conséquences/Conseils |
|---|---|---|
| Aliments gras | Augmentent la biodisponibilité | Recommandé de prendre avec un repas riche en lipides |
| Boissons alcoolisées | Risques accrus pour le foie | Alcool déconseillé pendant le traitement |
| Médicaments inducteurs enzymatiques (ex : carbamazépine, phénytoïne, dexaméthasone) | Diminution des concentrations d’albendazole | Surveillance, adaptation posologique possible |
| Cimétidine, praziquantel | Augmentation de la concentration d’albendazole actif | Surveillance renforcée, adapter si besoin |
| Contraceptifs hormonaux | Pas d’interaction directe connue | Aucune modification recommandée |
Indications officielles et hors AMM de l’albendazole
| Indications officielles (AMM France) | Indications hors AMM / off-label |
|---|---|
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Posologies selon indications et populations
| Indication | Adulte | Enfant (< 12 ans) | Personne âgée |
|---|---|---|---|
| Oxyurose, ascaridiose, trichocéphalose, ankylostomiase | 400 mg en prise unique (en général, à répéter après 2-3 semaines) | 400 mg (< 2 ans : 200 mg) en prise unique, répétition possible selon indication | Idem adulte (surveillance accrue des fonctions hépatiques) |
| Strongyloïdose | 400 mg 2x/jour pendant 3 jours | Posologie identique, adapter à l’âge & poids | Idem adulte |
| Échinococcose kystique ou alvéolaire | 400 mg 2x/jour, cures de 28 jours avec intervalle de 14 jours; durée plusieurs mois | 15 mg/kg/jour en 2 prises, max 400 mg 2x/jour | Idem adulte, surveillance rapprochée |
| Neurocysticercose | 15 mg/kg/jour en 2 prises durant 8 à 30 jours | Identique | Identique, sous contrôle médical strict |
Profil de sécurité : Effets indésirables et précautions
- Fréquent (≥ 1/100) : Douleurs abdominales, nausées, diarrhées, céphalées, fièvre modérée, élévation transitoire des transaminases.
- Peu fréquent / Rare : Éruptions cutanées, urticaire, prurit, chute de cheveux réversible, étourdissements, anomalies hépatobiliaires.
- Très rare / Avertissements : Aplasie médullaire, agranulocytose, pancytopénie, hépatite, réactions allergiques sévères (œdème de Quincke).
| Symptôme | Fréquence | Conseil |
|---|---|---|
| Maux de ventre, nausées, diarrhée | Fréquent | Prendre pendant le repas, consulter si persistant |
| Éruptions cutanées | Peu fréquent | Surveiller, prévenir le médecin en cas d’aggravation |
| Anomalies hépatiques | Rare | Surveillance biologique si traitement long |
| Baisse anormale des globules blancs | Très rare | Arrêter et consulter immédiatement |
Conseils de bon usage en France
- Respectez la posologie exacte prescrite et la durée de traitement indiquée par votre médecin ou pharmacien.
- Ne doublez jamais une dose en cas d’oubli, poursuivez la prise suivante selon votre horaire habituel.
- Évitez l’automédication : l’albendazole est délivré uniquement sur ordonnance.
- En France, faites systématiquement contrôler les enfants et les membres de la famille en cas d’infestation (oxyurose).
- En cas de traitement prolongé, surveillance hépatique (bilan sanguin régulier) impérative.
- Prévenez immédiatement votre professionnel de santé en cas de réaction cutanée sévère, jaunissement de la peau, ecchymoses anormales ou fièvre persistante.
Alternatives thérapeutiques remboursées par la Sécurité Sociale (assurance maladie)
- Mébendazole (Vermox®): Premier choix pour l’oxyurose, schéma simple, très bien toléré (remboursé).
- Flubendazole (Fluvermal®): Similaire au mébendazole, principalement utilisé chez l’enfant (remboursé).
- Pyrantel (Combantrin®, génériques): Alternative dans certaines parasitoses.
Comparatif rapide : L’albendazole a l’avantage d’un spectre plus large et est souvent réservé aux helminthiases mixtes ou résistantes. Le mébendazole et le flubendazole sont souvent préférés en première intention pour les infections banales (oxyures, ascaris) car ils sont aussi efficaces, mieux tolérés, et remboursés également.
Status légal, enregistrement et remboursements en France
- AMM France : Accordée pour un nombre limité d’indications parasitaires (ANSM)
- Inscription sur la liste des médicaments remboursables : Partiellement remboursé (pour indications reconnues), taux selon indication, sur prescription médicale.
- Non disponible en vente libre — délivrance uniquement par pharmacie sur ordonnance.
- Enregistrement sous contrôle de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM)
- Absence de support d’automédication reconnu par la Haute Autorité de Santé (HAS).
Dernières recommandations et recherches cliniques (2022–2025)
Les guides français de la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF, 2023) confirment la place de l’albendazole dans le traitement de l’échinococcose et de la neurocysticercose, en association parfois à d’autres antiparasitaires. L’usage hors AMM dans les parasitoses rares reste sous réserve d’accord collégial. Les données récentes (Revue Prescrire, 2024, WHO Neglected Tropical Diseases 2022) soulignent une bonne efficacité/innocuité dans l’éradication de la transmission des helminthiases, avec intérêts croissants pour la prévention communautaire dans certaines zones à risque ou en cas d’importation (voyageurs, migrations).
Des recherches françaises récentes mettent en avant la nécessité d’une surveillance hépatique accrue en cas de traitement prolongé ou chez les patients fragiles (cirhotiques, femmes enceintes, enfants), et l’importance de la coordination médecin-pharmacien pour limiter les risques d’effets secondaires graves.
Disponibilité, conditionnements et tarifs en France
| Présentation | Quantité | Prix indicatif (hors remboursement) | Délai de livraison (jours ouvrés) |
|---|---|---|---|
| Comprimés 400 mg | 2 à 4 comprimés/boîte | Entre 4 € et 11 € la boîte |
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| Suspension buvable | 10 ml, 30 ml | 6 à 15 € (selon laboratoire) | Idem comprimés |
Remarque : Ces délais et tarifs sont donnés à titre indicatif, peuvent varier selon les circuits et le contexte local (pénurie temporaire possible).
FAQ – Questions fréquentes sur l’Albendazole
- 1. Puis-je donner de l’albendazole à mon enfant sans prescription ?
Non. L’albendazole est un médicament délivré uniquement sur ordonnance en France. La posologie et l’indication doivent être validées par un professionnel de santé. - 2. Pourquoi dois-je refaire une seconde prise après trois semaines dans certaines parasitoses comme l’oxyurose ?
Parce que le médicament tue les vers adultes mais pas forcément les œufs. Une seconde prise permet d’éliminer les parasites issus d’œufs ayant éclos après le premier traitement. - 3. Est-ce que l’albendazole est efficace contre tous les vers ?
Non, il n’agit pas contre tous les parasites. Il est efficace pour de nombreux vers ronds (ascaris, oxyures...), mais pas pour certains vers plats ou protozoaires. Votre médecin adaptera le traitement en fonction du diagnostic. - 4. Que faire en cas d’oubli d’une dose ?
Prenez la dose oubliée dès que possible sauf si l’heure de la prise suivante est proche. Ne doublez jamais la dose pour compenser. Si vous avez des doutes, demandez conseil à votre pharmacien. - 5. Y-a-t-il un risque pour la femme enceinte ?
L’albendazole est contre-indiqué chez la femme enceinte (surtout pendant le premier trimestre), sauf situation exceptionnelle évaluée par un spécialiste. Prévenez systématiquement votre médecin si une grossesse est possible.

