Kétorolac : Informations Complètes pour les Patients en France
Informations Générales sur le Produit
- Dénomination commune internationale (DCI) : Kétorolac
- Marques disponibles en France : Profénid® (anciennement), Kétorolac Mylan®, Ketum®, Toradol®
- Code ATC : M01AB15
- Formes galéniques et dosages disponibles :
- Comprimés à 10 mg
- Solutions injectables (1 ml/ampoule, 10 mg/ml ou 30 mg/ml)
- Collyres (0,5%)
- Laboratoires fabricants : Mylan, Pfizer, Sandoz, SANOFI
- Statut de prescription : Médicament sur ordonnance obligatoire (Liste I), prescription limitée en durée (< 5 jours)
- Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) : Accordée et contrôlée par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé)
Mécanisme d’Action
Explication simple : Le kétorolac appartient à la famille des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Il agit principalement en bloquant les enzymes appelées cyclo-oxygénases (COX-1 et COX-2), responsables de la production de prostaglandines, des substances impliquées dans l’inflammation et la sensation de douleur.
Pour les professionnels : Puissant inhibiteur non sélectif des COX, le kétorolac réduit la synthèse des prostaglandines, modulant ainsi à la fois l’inflammation et la douleur. Son effet antalgique est comparable, à dose équivalente, à celui de certains opioïdes faibles, sans en présenter l’effet dépresseur respiratoire.
Pharmacocinétique
- Absorption : Rapidement absorbé après administration orale ou intramusculaire, avec une biodisponibilité proche de 100% par voie IM et 80% par voie orale.
- Distribution : Liaison élevée aux protéines plasmatiques (99%) ; passage limité dans le lait maternel.
- Métabolisme : Hépatique, principalement par hydroxylation et conjugaison ; production de métabolites inactifs.
- Élimination : Principalement rénale (90%), sous forme inchangée ou métabolisée. Faible élimination biliaire.
- Durée d’action : 4 à 6 heures ; demi-vie plasmatique de 4 à 7 heures (plus longue chez la personne âgée et l’insuffisant rénal).
Utilisation au Quotidien et Bonnes Pratiques en France
Posologie habituelle adulte : 10 mg toutes les 4 à 6 heures si besoin, maximum 40 mg/jour par voie orale ; 10-30 mg toutes les 6 à 8 heures par voie injectable, sans dépasser 90 mg/jour (voire 60 mg/jour chez le sujet âgé).
Conseils pratiques :
- Le traitement est limité à un usage bref (maximum 5 jours), notamment pour éviter le risque de toxicité rénale ou digestive.
- Strictement réservé à l’adulte (> 16 ans, voie orale ou injectable) ; chez l’enfant, uniquement le collyre ophtalmique.
- La forme injectable (IM/IV) est strictement réservée à l’hôpital ou en contexte d’urgence.
Moment de Prise : Matin ou Soir ?
- Le matin : Peut être utile en cas de douleurs majeures dès le réveil, mais attention au risque de somnolence ou de ralentissement (rare), notamment chez les personnes âgées.
- Le soir : Peut permettre une meilleure tolérance digestive et un soulagement nocturne (par exemple après une intervention chirurgicale), mais attention à l'éventuel effet rénal nocturne chez les sujets fragiles.
- Astuce : Maintenez un écart régulier de 4 à 6 heures entre les prises et respectez les horaires pour plus d’efficacité et moins d’effets indésirables.
Prise avec ou sans Aliments
- Le kétorolac peut être pris pendant ou en dehors des repas. Cependant, chez les patients sensibles, la prise pendant un repas limite le risque d’irritation gastrique.
- Avis en France : étant donné le régime alimentaire souvent riche en pain, produits laitiers et charcuterie, il est recommandé de prendre le kétorolac avec le repas principal ou un grand verre d’eau pour limiter le risque de troubles gastriques.
Interactions Médicamenteuses et Alimentaires
| Substance/Aliment | Type d’Interaction | Conseil |
|---|---|---|
| Anticoagulants (warfarine, AVK) | Risque hémorragique accru | Association à éviter ou surveillance rapprochée |
| Autres AINS/aspirine | Irritation digestive majorée, ulcère | Déconseillé |
| Diurétiques, IEC, ARA2 | Toxicité rénale majorée | Surveillance de la fonction rénale |
| Alcool | Irritation de l’estomac, majoration du risque d’ulcère | Éviter la consommation |
| Glucocorticoïdes | Risque hémorragique digestif accru | Association à éviter |
Indications Reconnues et Hors AMM
| Indication | Statut |
|---|---|
| Traitement de courte durée de la douleur aiguë modérée à sévère (post-opératoire, colique néphrétique) | AMM |
| Dysménorrhée, arthralgies aiguës | Utilisation hors AMM (rare, sous responsabilité du prescripteur) |
| Gestion de la douleur en unité de soins intensifs | AMM (voie injectable, en milieu hospitalier) |
| Utilisation ophtalmique (collyre, inflammation post-chirurgicale) | AMM |
Posologies selon les Indications
| Population | Voie | Indication | Posologie | Durée maximale |
|---|---|---|---|---|
| Adulte | Orale | Douleur post-opératoire modérée à sévère | 10 mg/4-6h | 5 jours |
| Adulte | Injectable | Douleur aiguë (CHU) | 10-30 mg/6-8h | 2 jours |
| Personne âgée (> 65 ans) | Orale/Injectable | Toutes indications | Moitié dose adulte; max 60 mg/j | 3 jours |
| Enfant ≥ 3 ans | Collyre | Inflammation oculaire | 1 goutte, 3 à 4x/j | Complément post-opératoire |
Profil de Sécurité et Effets Secondaires
| Effet indésirable | Fréquence | Population à risque |
|---|---|---|
| Gastralgie, nausées | Fréquent | Tout patient |
| Ulcère, saignement digestif | Rare | Antécédents digestifs, personnes âgées |
| Insuffisance rénale | Rare | Insuffisance rénale préexistante, sujets âgés |
| Somnolence, vertiges | Peu fréquent | Conducteurs, personnes sensibles |
| Réactions allergiques (éruption, œdème de Quincke) | Très rare | Antécédents allergiques |
- Le risque de troubles cardiovasculaires (AVC, infarctus) est considéré comme faible sur courte durée, mais présent chez certains patients fragiles.
- Surveillez l’apparition de tout signe digestif grave (selles noires, vomissements sanglants).
Conseils de Bon Usage (Pharmacie/Clinique)
- Strict respect de la durée de traitement (jamais > 5 jours, sauf collyre)
- Prise avec un grand verre d’eau, au cours d’un repas si estomac sensible.
- Rendez-vous médical impératif si douleur persistante ou aggravation.
- Déclarez immédiatement tout trouble digestif important ou allergie.
- Évitez l’automédication par AINS associée.
- Ne jamais dépasser la dose maximale; ne pas associer à l’aspirine.
- En France, le recyclage des médicaments non utilisés doit être fait en pharmacie via Cyclamed.
Alternatives Thérapeutiques Remboursées par la Sécurité Sociale (France)
- Paracétamol (Doliprane®, Efferalgan®) : Moins efficace sur douleurs sévères, excellent profil sécurité, remboursement 65%.
- Ibuprofène (Advil®, Nurofen®, Brufen®) : AINS, toléré sur courte durée, même surveillance digestive.
- Diclofénac (Voltarène®) : Efficacité proche, risque cardiovasculaire et digestif légèrement supérieur pour usage prolongé.
- Tramadol (Contramal®) : Opiacé faible, usage si AINS contre-indiqué, profil différent (risque somnolence, accoutumance).
Comparatif rapide : Le kétorolac est un AINS très efficace pour la douleur aiguë intense, mais son usage est plus restrictif que l'ibuprofène ou le paracétamol à cause du risque digestif, rénal et hémorragique.
Statut Légal, Enregistrement et Remboursement en France
- Inscription à l’ANSM, disponible sur le marché français.
- Classement Liste I (sous ordonnance médicale obligatoire ; prescription limitée à 5 jours pour la voie orale/injectable).
- Remboursement Sécurité Sociale : 65% sur présentation de prescription pour les indications validées.
- Prescription hospitalière : Pour la voie injectable, réservée aux structures hospitalières ou d’urgence.
- Collyre : vendu sous prescription, accès en pharmacie d’officine.
Actualités : Recherche et Recommandations 2022–2025
Résumé de la littérature récente : Les revues françaises et internationales (HAS, Prescrire, JAMA 2023, ANSM 2024) insistent depuis 2022 sur le respect strict de la durée de traitement et la sélection raisonnée des patients. La nouvelle recommandation de la SFETD (2023) souligne que le kétorolac ne doit jamais être prescrit en chronique ni être renouvelé. Quelques études (Annals of Emergency Medicine, 2022) confirment son excellente efficacité post-opératoire, mais aussi une survenue d'effets digestifs graves si mésusage. Les collyres au kétorolac restent une option sécuritaire en post-chirurgie oculaire pédiatrique à condition de surveillance.
Disponibilité et Livraison
| Conditionnement | Quantité | Prix indicatif (€ remboursable) | Délai de livraison Paris | Délai de livraison Lyon | Délai de livraison Marseille |
|---|---|---|---|---|---|
| Comprimés 10 mg | 10, 20 unités | 5–8 € (secteur remboursé) | 24h en officine | 24-48h | 24-48h |
| Sol. injectable 10 mg/ml | 5 ampoules | 12–18 € | 24h CHU | 48h | 48h |
| Collyre 0,5% | 5 ml | 4–6 € | 24h | 24-48h | 24-48h |
FAQ – Vos Questions les Plus Courantes sur le Kétorolac
- Le kétorolac peut-il être pris avec du paracétamol ?
Oui, l’association est possible pour mieux contrôler la douleur, à condition de respecter les doses maximales de chaque médicament. Demandez conseil à votre pharmacien. - Peut-on conduire sous kétorolac ?
Habituellement, le kétorolac n’altère pas la vigilance, toutefois la prudence s’impose en cas de vertiges ou de somnolence, surtout chez les conducteurs de véhicules/engins. - Que faire si j’ai oublié une prise ?
Prenez la dose oubliée dès que possible, sauf si la prochaine prise est proche. Ne doublez jamais la dose pour « rattraper » un oubli. - Le kétorolac est-il adapté aux enfants ?
La forme orale et injectable est réservée à l’adulte. Chez l’enfant, seule la forme collyre est autorisée et sous stricte indication médicale/ophtalmologique. - Puis-je cumuler le kétorolac avec un autre AINS ?
Non, cette association augmente fortement le risque d’effets digestifs et rénaux. Préférez l’avis du médecin/pharmacien pour un traitement combiné.

