Isordil (Isosorbide dinitrate) – Informations complètes pour les patients en France
Informations de base sur le produit
| DCI (Dénomination Commune Internationale) | Isosorbide dinitrate |
|---|---|
| Marques commerciales France | Isordil®, Cedocard®, autres génériques |
| Code ATC | C01DA08 |
| Formes et dosages disponibles | Comprimés sublinguaux 5 mg ; comprimés gastrorésistants 10 mg, 20 mg ; solution injectable (usage hospitalier) |
| Fabricants principaux (France/UE) | Sanofi-Aventis, EG Labo, Arrow Génériques, Zentiva |
| Statut de prescription | Médicament soumis à prescription médicale obligatoire |
Mécanisme d’action
Explication simple : Isosorbide dinitrate agit en élargissant (vasodilatation) les vaisseaux sanguins, facilitant ainsi la circulation du sang et diminuant la charge du cœur. Cela aide à prévenir et soulager les douleurs thoraciques (angine de poitrine).
Pour les spécialistes : L’isosorbide dinitrate libère de l’oxyde nitrique (NO) dans les fibres musculaires lisses vasculaires, qui active la guanylate cyclase et augmente la concentration de GMPc intracellulaire, entraînant une relaxation musculaire, une diminution du retour veineux (précharge) et une baisse de la pression artérielle.
Pharmacocinétique
- Absorption : Bonne biodisponibilité orale, mais effet de premier passage hépatique.
- Distribution : Pic plasmatique atteint en 10-60 minutes selon la forme.
- Métabolisme : Principalement hépatique (cytochrome CYP3A4), formation de métabolites actifs (isosorbide-2-mononitrate, isosorbide-5-mononitrate).
- Élimination : Rénale majoritaire, élimination urinaire sous forme de métabolites inactifs.
- Durée d’action : 2 à 6 heures selon la formulation ; comprimés à libération prolongée jusqu’à 8 heures.
Utilisation au quotidien et bonnes pratiques
En France, l’isosorbide dinitrate est principalement utilisé pour prévenir et traiter l’angine de poitrine et, plus rarement, pour l’insuffisance cardiaque.
- Posologie adulte usuelle (prévention de l’angor) : 10-20 mg 2 à 3 fois par jour, selon avis médical.
- En cas de crise aiguë d’angine : comprimé sublingual de 5 mg à laisser fondre sous la langue.
- La dose exacte et le schéma sont adaptés par le médecin selon la réponse au traitement.
- Prendre les comprimés à heures régulières afin de maximiser l’efficacité et éviter le développement d’une tolérance (résistance à l’effet du médicament).
Posologie : matin ou soir ? Conseils de régularité
- Le matin : Prendre la dose principale tôt dans la journée réduit le risque de crises durant l’activité quotidienne.
- Le soir : Utile chez certains patients présentant des symptômes nocturnes, mais attention au risque de tolérance si pris tard et de manière prolongée.
- Astuce : Respectez toujours l’intervalle recommandé entre les doses (au moins 8 heures) pour réduire la tolérance. Demandez conseil à votre pharmacien pour ajuster le schéma à votre mode de vie.
Prise avec les repas ou à jeun ?
- L’isosorbide dinitrate peut être pris indépendamment des repas.
- Comprimés sublinguaux : À utiliser de préférence à jeun ou loin des repas, car la salivation et la rapidité de fonte sous la langue sont meilleures.
- En France, il est fréquent de prendre le médicament au petit-déjeuner ou au déjeuner pour faciliter la régularité.
- Les repas riches en matières grasses peuvent ralentir l’absorption de certains comprimés oraux, sans altérer l’efficacité globale.
Interactions : aliments, alcool, médicaments
| Type | Interactions à connaître |
|---|---|
| Aliments | Pas d’interaction majeure décrite. Repas gras peuvent légèrement retarder l’absorption. |
| Alcool | Risque majoré d’hypotension, vertiges, ou évanouissements ; limiter la consommation. |
| Médicaments |
|
Indications officielles et hors autorisation (off-label)
| Indication | Autorisation |
|---|---|
| Angor stable (prévention et traitement de la crise) | Officielle (AMM) |
| Insuffisance cardiaque (adulte, associée à d’autres traitements) | Officielle (AMM, situation spécifique hospitalière) |
| Angor instable, post-infarctus | Utilisation sous surveillance étroite |
| Traitement des spasmes coronaires (syndrome de Prinzmetal) | Off-label (hors AMM, mais pratique validée) |
Posologie selon indications et tranches d’âge
| Population | Indication | Posologie initiale | Posologie maximale |
|---|---|---|---|
| Adulte | Prévention angor | 10-20 mg 2x/jour | 40 mg 3x/jour |
| Adulte | Crise aiguë d’angine | 5 mg sublingual | 10 mg sublingual si besoin |
| Personne âgée (≥75 ans) | Toutes indications | Commencer à la dose la plus faible, surveillance rapprochée | Adaptation individuelle, prudence |
| Enfant* | Toutes indications | Non recommandé, pas d’AMM | – |
*L’utilisation pédiatrique est exceptionnelle, uniquement sur avis spécialisé.
Profil de sécurité et effets indésirables
- Très fréquents : maux de tête (céphalées), bouffées de chaleur, sensation de malaise, hypotension orthostatique et vertiges.
- Fréquents : nausées, tachycardie, palpitations, troubles digestifs légers.
- Occasionnels : éruptions cutanées, somnolence, faiblesse, syncope.
- Rares : réactions allergiques graves, méta-hémoglobinémie (chez sujets prédisposés).
Précautions : Ne pas conduire en cas de somnolence, éviter de se lever brutalement, alerter en cas de malaise ou de montée inhabituelle des céphalées.
Conseils de bon usage (pharmacien/clinique, contexte français)
- Respectez strictement la prescription médicale ; ne modifiez jamais la dose sans avis médical.
- En période de forte chaleur (canicule française), attention accrue au risque d’hypotension : boire régulièrement, se lever lentement.
- Informez toujours votre pharmacien ou médecin de la prise de nouveaux médicaments (risque d’interactions).
- L’arrêt brutal peut déclencher une crise d’angine : réduction progressive sous contrôle médical.
- Conservez le médicament dans un endroit sec, à l’abri de la lumière ; emballage d’origine conseillé pour les comprimés sublinguaux.
- En cas d’oubli : prenez la dose suivante à l’heure habituelle, sans double prise.
Options alternatives remboursées par l’Assurance Maladie (France) – comparaison succincte
- Isosorbide mononitrate (Monocedocard®, autres génériques) : effet prolongé, moins de prises par jour, similaire à l’isosorbide dinitrate mais tolérance potentielle à long terme.
- Trinitrine (Natispray®, transdermique) : action rapide, possible forme spray ou patch, pratique pour la prévention immédiate ou le traitement d’une crise.
- Bêta-bloquants : prévention de l’angor stable, bénéfice sur la mortalité post-infarctus, effets secondaires différents (bradycardie, fatigue).
- Antagonistes calciques (amlodipine, diltiazem) : prévention de l’angor, action vasodilatatrice additionnelle, utiles en cas de contre-indication aux bêta-bloquants.
Avantages/limites : Les dérivés nitrés (dont l’isosorbide dinitrate) restent la première option pour le traitement de l’angor, mais le choix dépendra du profil individuel du patient, de la tolérance et de la présence d’autres pathologies.
Statut légal, enregistrement et remboursement en France
- AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) : délivrée par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament).
- Remboursé à 65% par l’Assurance Maladie (taux de remboursement Sécurité sociale, code LPP selon indication et présentation).
- Médicament d’ordonnance, spécifique à chaque patient, délivré en pharmacie de ville ou à l’hôpital sur prescription médicale.
- Non soumis à la réglementation sur les stupéfiants ni psychotropes.
Dernières recommandations et actualités (recherche 2022–2025)
- Les dernières recommandations de la Société Européenne de Cardiologie (ESC 2023) confirment la place des dérivés nitrés dans l’angor stable, en particulier pour le soulagement des crises et en cas d’intolérance à d’autres classes.
- Selon l’Haute Autorité de Santé (HAS) (avis 2024), l’isosorbide dinitrate garde un Service Médical Rendu important pour l’angor stable.
- Les études internationales (JAMA Cardiol 2023, Eur Heart J 2024) confirment un profil de sécurité connu, avec nécessité d’individualiser la posologie et d’éviter la tolérance.
Disponibilité et livraison
- Comprimés sublinguaux : boîte de 30, 60.
- Comprimés oraux (libération immédiate) : boîtes de 30, 90, 100.
- Existence de présentations en génériques remboursés.
- Prix indicatif (mars 2024) : env. 3,80 € la boîte de 30 comprimés (tarif règlementé générique, remboursement Sécurité sociale selon prescription).
| Ville | Délai de livraison en pharmacie |
|---|---|
| Paris | Disponible en stock ou sous 24 heures |
| Lyon, Marseille, Lille, Strasbourg | 48 heures pour les formes spécifiques |
| Bordeaux, Toulouse, Nantes | 1 à 3 jours selon circuits de distribution |
| Autres villes/rural | 2-6 jours ouvrés maximum en cas de commande |
FAQ – Vos questions les plus fréquentes sur Isordil
- Dois-je prendre Isordil tous les jours, même si je ne ressens pas de douleur ?
Oui, la prise régulière permet de prévenir de nouvelles crises d’angine. Respectez scrupuleusement les horaires fixés par votre médecin. - Puis-je conduire après avoir pris Isordil ?
Des vertiges ou une baisse de la vigilance peuvent survenir : soyez vigilant les premiers jours et évitez de conduire si vous vous sentez mal ou somnolent. - Y a-t-il un risque à arrêter Isordil d’un coup ?
Oui, un arrêt brutal peut provoquer des crises d’angine. Ne jamais arrêter sans l’avis de votre cardiologue. - Puis-je boire de l’alcool pendant le traitement ?
Il est recommandé de limiter la consommation d’alcool car cela peut majorer les effets hypotenseurs et provoquer des malaises. - L’Isordil entraîne-t-il une dépendance ?
Non, il n’existe pas de dépendance au sens psychique ou physique, mais une tolérance à l’effet est possible avec un usage prolongé sans interruption quotidienne.
En conclusion : Isordil (Isosorbide dinitrate) fait partie des traitements éprouvés de l’angor en France. L’observance thérapeutique, le conseil personnalisé de votre pharmacien, l’ajustement des horaires et la surveillance régulière sont essentiels à la sécurité et l’efficacité de ce traitement.

