Dépakote (Divalproex sodique) — Guide d’information patient pour la France
Informations de base sur le produit
- Dénomination Commune Internationale (DCI) : Divalproex sodique
- Marques françaises : Dépakote®, Dépakine® (comprimé à libération immédiate et prolongée)
- Code ATC : N03AG01
- Formes et dosages disponibles :
- Comprimés à libération prolongée (250 mg, 500 mg)
- Comprimés à libération immédiate (250 mg, 500 mg)
- Granulés en sachets et solutions buvables (cas particuliers)
- Conditionneurs/Fabricants : Laboratoires Sanofi Aventis France, Zentiva
- Statut de prescription : Médicament sous ordonnance obligatoire (liste I), prescription initiale hospitalière annuelle, nom générique obligatoire sur l’ordonnance.
Mécanisme d’action
Pour tous : Le divalproex agit principalement en augmentant la quantité d’une substance naturelle dans le cerveau appelée GABA (acide gamma-aminobutyrique). Cela aide à stabiliser l’activité électrique cérébrale, ce qui permet de réduire les crises d’épilepsie, de prévenir les épisodes maniaques et d’améliorer certains troubles psychiques.
Pour les spécialistes : Effet principal par augmentation de la synthèse et inhibition de la dégradation du GABA, modulation des canaux sodium et calcium voltage-dépendants, inhibition de la transmission neuronale excessive. Activité anti-convulsivante, thymorégulatrice et antinévralgique démontrée.
Pharmacocinétique
- Absorption : Bien absorbé après administration orale ; biodisponibilité orale élevée (~90-100 %).
- Metabolisme : Principalement hépatique (foie), par glucuronoconjugaison.
- Élimination : Par voie urinaire sous forme de métabolites. Demi-vie moyenne de 8 à 20 heures.
- Durée d’action : 12 à 24 heures selon la forme galénique.
Utilisation au quotidien et bonnes pratiques
Doses typiques en France :
- Épilepsie adulte : 1000 à 2000 mg/jour en 2 prises (matin et soir), adaptation selon poids/symptômes.
- Trouble bipolaire adulte : 750 à 2000 mg/jour, généralement en 2 prises.
- Enfants et personnes âgées : adaptation du dosage selon la tolérance, l’âge et la fonction hépatique.
- Prendre le(s) comprimé(s) entier(s) avec un peu d’eau, sans croquer ni mâcher.
- Respecter scrupuleusement l’horaire de prise pour maintenir des concentrations stables.
- Ne jamais arrêter brutalement le traitement sans avis médical.
- Des prises de sang régulières sont nécessaires (taux sanguin du médicament, surveillance hépatique et hématologique).
Prise le matin ou le soir : conseils de régularité
- Prise le matin : Peut réduire la somnolence diurne, pratique pour les personnes actives.
- Prise le soir : Recommandée si un effet sédatif est ressenti, surtout en début de traitement.
- Astuce : Toujours prendre à la même heure chaque jour pour limiter les variations de taux sanguin.
- Double prise : Souvent divisée matin et soir pour une action régulière.
Prise avec ou sans alimentation selon les habitudes alimentaires françaises
Le divalproex peut être pris pendant ou en dehors des repas, bien que la prise avec de la nourriture réduise les troubles gastriques (nausées, irritation). En France, il est souvent conseillé de l’associer à l’un des trois repas principaux pour limiter l’oublie, surtout si le mode de vie comprend des horaires de repas réguliers (petit-déjeuner/déjeuner/dîner). Certains aliments riches en graisse peuvent légèrement ralentir l’absorption initiale, sans incidence majeure sur l’efficacité.
Interactions (alimentation, alcool, médicaments)
| Substance | Effet potentiel | Recommandation |
|---|---|---|
| Alcool | Majoration sédation, ↑ risques d’effets secondaires hépatiques | À éviter strictement |
| Anxiolytiques, somnifères (benzodiazépines, etc.) | Effet additif sur la somnolence, état confusionnel | Surveillance renforcée |
| Antidépresseurs | Interactions variables, ↑ risque de convulsions | Suivi médical rapproché |
| Anticonvulsivants (carbamazépine, lamotrigine, phénobarbital...) | Interactions pharmacocinétiques, risques toxiques | Réajustement des doses |
| Millepertuis | Diminue efficacité du traitement | À éviter |
| Aliments riches en protéines | Aucune interaction significative | Pas de restriction particulière |
Indications (autorisées et hors AMM)
| Indication | Status | Remarques |
|---|---|---|
| Épilepsie (adulte/enfant) | AMM | Toutes formes, sauf crises fébriles simples |
| Trouble bipolaire (prévention des rechutes, épisodes maniaques) | AMM | En l’absence d’efficacité du lithium ou en cas de contre-indication à ce dernier |
| Migraine (prévention) | Hors AMM, mais usage reconnu | En cas d’échec des traitements conventionnels |
Posologie selon indication et profil patient
| Population | Indication | Posologie initiale | Posologie d’entretien |
|---|---|---|---|
| Adulte | Épilepsie | 600 mg/jour (en 2 prises) | 1000–2000 mg/jour (max 2500 mg) |
| Adulte | Trouble bipolaire | 750 mg/jour | 500–2000 mg/jour |
| Enfant > 6 ans | Épilepsie | 10–15 mg/kg/j | 20–30 mg/kg/j (max 60 mg/kg/j) |
| Personne âgée | Épilepsie ou trouble bipolaire | 250 mg/j | Adaptée selon tolérance clinique |
Profil de sécurité et effets indésirables
- Fréquents : Nausées, gêne digestive, prise de poids, tremblements, somnolence, alopécie (chute de cheveux modérée), troubles menstruels.
- Occasionnels : Réactions cutanées, troubles de la mémoire ou de concentration, troubles de la coordination motrice, gynécomastie.
- Rares : Pancréatite, hépatite grave (surtout chez l’enfant < 2 ans), thrombopénie, syndrome de Fanconi, atteinte rénale.
- Avertissements : Prudence chez la femme en âge de procréer (effet tératogène important), surveillance stricte des fonctions hépatiques (bilan tous les 6 mois), arrêt immédiat en cas de douleurs abdominales intenses et persistantes ou de jaunisse.
Conseils pratiques pour une utilisation correcte
- Respecter scrupuleusement la prescription du neurologue ou psychiatre.
- En cas d’oubli, prendre la dose dès que possible (sauf si l’heure du prochain comprimé est proche).
- Totalement déconseillé pendant la grossesse hors situations exceptionnelles (épilepsie résistante, suivi pluridisciplinaire avec accord formel).
- Une carte de suivi patient (ANE-VALPROATE) est à remettre par le pharmacien en cas de prescription chez les femmes en âge de procréer.
- Informer l’ensemble des professionnels de santé de la prise de ce médicament.
- Éviter de conduire ou d’utiliser des machines en début de traitement ou lors d’ajustements posologiques.
Options thérapeutiques alternatives (remboursées en France)
- Épilepsie :
- Lamotrigine (Lamictal®) – moins sédative, parfois mieux tolérée
- Levetiracetam (Keppra®) – moins d’impacts métaboliques, surveillance psychiatrique
- Carbamazépine (Tégrétol®) – préférée pour épilepsies partielles, interactions nombreuses
- Trouble bipolaire :
- Lithium (Téralithe®) – premier choix, nécessite suivi sanguin étroit
- Quetiapine (Xeroquel®) – option si échec ou contre-indication au valproate
Comparatif : Le valproate reste le traitement de référence pour plusieurs formes d'épilepsie généralisée et en prévention des rechutes maniaques, mais son profil de tolérance impose une sélection rigoureuse. Les alternatives sont choisies sur critères cliniques, profil de tolérance et interactions potentielles.
Statut légal, enregistrement et remboursement en France
- Médicament sur prescription médicale obligatoire, classé sur la liste I, prescription initiale hospitalière annuelle renouvelable.
- AMM délivrée par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM).
- Remboursé à hauteur de 65 % par l’Assurance Maladie (Sécurité Sociale) en France, majorité des complémentaires santé prenant en charge le reste à charge.
- Programme de gestion des risques renforcé chez les femmes en âge de procréer (accord de soins, formulaire d’accord éclairé, surveillance renforcée).
Dernières données cliniques et recommandations (2022–2025)
- Recommandations HAS (Haute Autorité de Santé) 2023 : restreint chez la femme enceinte, recommandé en deuxième ligne chez l’adulte hors grossesse pour les troubles bipolaires et épilepsies généralisées.
- Méta-analyses internationales (Lancet Neurol, 2022-2024) : efficacité maintenue en prévention des rechutes maniaques, attention accrue sur les risques tératogènes et effets métaboliques.
- Revue française (Revue Neurologique 2024) : profil d’efficacité globalement stable, nécessité d’une personnalisation du traitement.
- Étude française multicentrique (2023) : tolérance acceptable mais sur-risque d’effets secondaires métaboliques (prise de poids, troubles lipidiques).
Disponibilité en officine, conditionnements populaires et prix indicatifs
| Conditionnement | Dosage | Nombre de comprimés | Prix public indicatif* |
|---|---|---|---|
| Boîte standard | 500 mg | 30 | ~9 € |
| Boîte “grosse durée” | 500 mg | 100 | ~27 € |
*Prix sous réserve, susceptible de variation selon officine et conditionnement.
| Ville | Délai moyen de livraison (si commande en ligne) |
|---|---|
| Paris | 24–48h |
| Lyon | 24–48h |
| Marseille | 24–72h |
| Province | 24–72h |
FAQ : Questions fréquentes et réponses fiables
- Puis-je prendre Dépakote® pendant la grossesse ou l’allaitement ?
Dépakote® est contre-indiqué pendant la grossesse sauf situations exceptionnelles sous supervision stricte (risque important de malformations congénitales). En cas d’allaitement, il est fortement recommandé de consulter votre médecin avant de débuter ou de continuer l’allaitement. - Que faire en cas d’oubli d’une dose ?
Prenez la dose oubliée dès que possible, sauf si l’heure du prochain comprimé est proche. Ne doublez jamais la dose pour compenser un oubli. - Quels contrôles médicaux sont nécessaires pendant le traitement ?
Des bilans sanguins réguliers sont indispensables pour surveiller la fonction hépatique, les paramètres hématologiques et la concentration sanguine du médicament. - Peut-on boire de l’alcool avec Dépakote® ?
La consommation d’alcool est fortement déconseillée et peut aggraver les effets secondaires neurologiques et hépatiques du médicament. - Combien de temps doit-on attendre avant d’observer un effet bénéfique ?
L’effet débute dès les premiers jours mais l’amélioration complète peut nécessiter 2 à 4 semaines, selon l’indication et la dose.
Cette fiche d’information ne remplace pas l’avis de votre médecin ou pharmacien. En cas de question, consultez votre professionnel de santé habituel.

