Daliresp (Roflumilast) : Votre guide complet
Informations de base sur le produit
| Dénomination Commune Internationale (DCI) | Roflumilast |
| Nom commercial en France | Daliresp® (aussi vendu sous le nom Daxas® certains pays) |
| Code ATC | R03DX07 |
| Formes et dosages disponibles | Comprimé pelliculé, 500 microgrammes (µg) |
| Fabricants | Takeda France SAS |
| Statut de délivrance | Médicament soumis à prescription médicale obligatoire (Liste I) |
| Statut de remboursement | Prise en charge par l’Assurance Maladie (AMO) sous conditions |
Mécanisme d’action
Explication simple :Le Daliresp (Roflumilast) agit en diminuant l’inflammation dans les voies respiratoires, ce qui aide à réduire les crises et l’aggravation de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Il facilite la respiration en empêchant certains messagers chimiques de provoquer une inflammation excessive.
Pour les spécialistes :Le roflumilast est un inhibiteur sélectif de la phosphodiestérase-4 (PDE4), augmentant ainsi les concentrations intracellulaires d’AMP cyclique (AMPc), ce qui inhibe la libération des cytokines pro-inflammatoires. Ce mécanisme diminue l’activité des neutrophiles et autres cellules immunitaires dans le tissu pulmonaire.
Pharmacocinétique
- Absorption : Biodisponibilité orale d'environ 80 % ; absorption maximale en 1 heure (Tmax)
- Métabolisme : Hépatique via CYP3A4 et CYP1A2, converti en métabolite actif (roflumilast N-oxyde)
- Élimination : Majoritairement urinaire, faible part fécale
- Durée d’action : Demi-vie terminale d’environ 17h (roflumilast), 30h (métabolite)
Utilisation au quotidien et bonnes pratiques
- Posologie usuelle chez l’adulte : 1 comprimé de 500 μg par jour
- À avaler avec un verre d’eau, sans croquer ni mâcher
- Utilisation quotidienne à la même heure pour plus d’efficacité
- Commencement du traitement généralement sous surveillance médicale (bilan hépatique, poids)
- Mise en place d’une démarche éducative en pharmacie ou en cabinet pour garantir le suivi
En France, Daliresp s’utilise principalement chez les patients atteints de BPCO sévère, en complément d’un traitement bronchodilatateur.
Prise le matin ou le soir ?
- Le matin : Peut faciliter l’intégration dans la routine quotidienne. Idéal pour réduire les troubles du sommeil potentiels liés à certains effets indésirables (insomnie, nervosité).
- Le soir : Peut être envisagé si le patient a des difficultés à se rappeler le matin. Attention aux troubles du sommeil chez certains patients.
- Quel que soit l’horaire choisi, il est essentiel de s’y tenir tous les jours à la même heure pour maximiser l’efficacité et minimiser les oublis.
À prendre avec ou sans nourriture ?
- Le roflumilast peut être pris pendant ou en dehors des repas.
- La présence d’aliments n’altère pas significativement son absorption ni son efficacité.
- Conseils pour les habitudes alimentaires françaises : intégrer la prise lors du petit-déjeuner ou du déjeuner pour faciliter l’observance, surtout si des troubles digestifs apparaissent à jeun.
Interactions (aliments, boissons, médicaments)
| Facteur | Interaction possible | Conseil |
|---|---|---|
| Nourriture | Aucune interaction significative | Peut être pris pendant ou en dehors des repas |
| Alcool | Risque accru d’effets secondaires (nausées, troubles hépatiques) | Consommation modérée ou à éviter selon le profil médical |
| Médicaments inducteurs enzymatiques (ex : rifampicine, carbamazépine, phénobarbital) | Diminution de l’efficacité du roflumilast | Surveillance médicale – adaptation possible de la thérapeutique |
| Médicaments inhibiteurs enzymatiques (ex : fluvoxamine, érythromycine, cimétidine) | Augmentation du risque d’effets secondaires | Surveillance clinique renforcée |
| Autres traitements pour la BPCO | Utilisation en association possible (bronchodilatateurs, corticostéroïdes inhalés) | Respecter les protocoles médicaux en vigueur |
Indications – Quand le roflumilast est-il prescrit ?
| Indication | Reconnaissance officielle | Notes |
|---|---|---|
| BPCO sévère associée à une bronchite chronique | Oui (AMM) | En association à un bronchodilatateur |
| BPCO avec antécédents d’exacerbations fréquentes | Oui (AMM) | Population cible en France |
| Asthme sévère intraitable | Non (hors-AMM) | Non recommandé hors études cliniques |
Posologies selon l’indication et l’âge
| Population | Indication | Posologie | Fréquence |
|---|---|---|---|
| Adulte | BPCO sévère | 500 μg | 1 comprimé/jour |
| Personne âgée > 65 ans | BPCO sévère | Idem adulte | Surveillance accrue des effets secondaires |
| Pédiatrique (<18 ans) | Toutes indications | Non recommandé | Voir alternatives |
Profil de sécurité et effets indésirables
| Fréquence | Effets secondaires | Commentaires |
|---|---|---|
| Fréquents | Perte de poids, nausées, diarrhées, maux de tête, douleurs abdominales, troubles du sommeil | Souvent transitoires au début du traitement |
| Occasionnels | Dépression, troubles anxieux, infections ORL, douleurs musculaires | Signaler tout symptôme persistant ou grave |
| Rares | Réactions allergiques graves, hépatite, idées suicidaires | Arrêter le traitement et consulter immédiatement |
Avertissements : Le risque suicidaire impose une vigilance accrue, surtout en cas d’antécédents psychiatriques. Surveillance des paramètres hépatiques et du poids recommandée durant les premiers mois.
Conseils pour une utilisation optimale en France
- Respectez strictement la prescription du médecin et évitez les interruptions sans avis médical.
- En cas d’oubli, ne doublez pas la dose suivante.
- Faites surveiller régulièrement votre poids et votre santé psychique par votre professionnel de santé.
- Communiquez à votre pharmacien toute prise concomitante de médicaments (inclus phytothérapie et compléments).
- Un accompagnement éducatif en officine peut vous aider à bien comprendre la gestion de la BPCO.
Traitements alternatifs (options remboursées par l’Assurance Maladie)
- Bronchodilatateurs inhalés longue durée d’action (LABA/LAMA) :
- Avantages : Soulagement rapide de la dyspnée
- Limites : Ne traitent pas spécifiquement l’inflammation chronique
- Corticostéroïdes inhalés :
- Avantages : Efficaces contre les poussées en cas de BPCO associée à un phénotype éosinophile
- Limites : Risque accru d’infections (mycoses, pneumonies)
- Autres traitements anti-inflammatoires spécifiques (rarement remboursés)
- Vaccination antigrippale et antipneumococcique (prévention des exacerbations)
Le roflumilast est souvent utilisé en complément de ces traitements lorsque la BPCO demeure difficile à contrôler malgré la prise en charge initiale.
Statut légal, enregistrement et remboursement en France
- AMM française (ANSM) : Obtenue en 2010 (n° EU/1/10/636/001), actualisée régulièrement.
- Prescription : Médicament délivré exclusivement sur ordonnance (Liste I).
- Remboursement : Pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie, en cas de BPCO sévère.
- Non substituable : Mention possible si intolérance prouvée aux alternatives
Dernières données de recherche et recommandations (2022-2025)
Selon la Société de Pneumologie de langue française (SPLF), les dernières recommandations (2023, HAS) confirment le bénéfice du roflumilast pour réduire les exacerbations chez des patients ciblés. Les méta-analyses récentes (Lancet Respir Med 2023 ; Rev Mal Respir 2024) soulignent l’importance d’un suivi personnalisé, en particulier sur le plan psychiatrique et métabolique. L’efficacité chez les populations non européennes reste à confirmer.
À retenir : Pas d’élargissement des indications en dehors de la BPCO sévère à ce jour, mais des études sont en cours sur son potentiel dans l’asthme rebelle (hors AMM).
Disponibilité et prix indicatif
- Présentations usuelles : 30 comprimés (1 mois de traitement)
- Prix indicatif public : Environ 57 € la boîte de 30, pris en charge à 65 % par l’AMO (franchise éventuelle suivant mutuelle)
| Ville | Délais de livraison en pharmacie | Disponibilité moyenne |
|---|---|---|
| Paris | 24–48h | Très bonne |
| Lyon | 24–72h | Bonne |
| Marseille | 48–72h | Bonne |
| Toulouse | 48h | Satisfaisante |
| Brest, Strasbourg, Nice | 72h | Moyenne |
Le médicament peut être commandé par votre pharmacie habituelle, sur remise de prescription médicale valide.
FAQ – Vos questions les plus fréquentes
- Dois-je arrêter le Daliresp en cas de fièvre ou de malaise ?
Consultez rapidement un professionnel de santé. N’arrêtez jamais un traitement sans avis. Certains symptômes peuvent relever de la BPCO ou d’une infection indépendante. - Puis-je utiliser le roflumilast avec tous mes autres médicaments pour la BPCO ?
Généralement, oui — il est souvent associé aux bronchodilatateurs. Prévenez toujours votre médecin ou pharmacien de tout changement de traitement. - Le Daliresp fait-il grossir ou maigrir ?
Il peut donner une perte de poids : surveillez-la (pesée mensuelle), surtout si vous êtes déjà maigre ou fragile. - Quels examens dois-je faire sous traitement ?
Un suivi du poids, bilan hépatique au début, et une évaluation de votre humeur/sommeil (surtout si antécédents psychiatriques). - Le médicament est-il pris en charge par la Sécurité sociale ?
Oui, sous conditions (BPCO sévère, prescription médicale). Si en ALD, il peut être pris en charge à 100 % selon votre situation.
Pour toute question ou en cas d’effet secondaire, n’hésitez jamais à demander conseil à votre pharmacien ou médecin. Un accompagnement de proximité est proposé dans plusieurs officines en France.

