Cyclophosphamide : Informations Complètes pour les Patients en France
Informations de base sur le produit
- Dénomination commune internationale (DCI) : Cyclophosphamide
- Marques en France : Endoxan®, Cyclophosphamide Accord®, Cyclophosphamide Mylan®, Cyclophosphamide Teva®
- Code ATC : L01AA01
- Formes disponibles :
- Comprimés dosés à 25 mg et 50 mg
- Poudre pour solution injectable : 200 mg, 500 mg, 1 g, 2 g
- Fabricants principaux : Baxter S.A.S., Sandoz S.A.S., Accord Healthcare, Mylan S.A.S., Teva Santé
- Statut de prescription : Médicament nécessitant une prescription médicale, réservé à l’usage hospitalier ou à délivrance à l’officine sur ordonnance sécurisée selon l’indication.
Mécanisme d'action
Le cyclophosphamide est un agent alkylant cytotoxique appartenant à la famille des oxazaphosphorines. Il agit précisément sur les cellules en altérant leur ADN, ce qui empêche la prolifération des cellules cancéreuses. Chez le spécialiste, il se transforme en intermédiaires alkylants actifs par le foie (phosphoramide moutarde et acroleïne), qui forment des liaisons covalentes avec les brins d’ADN, interférant ainsi avec la réplication cellulaire. Il cible avant tout les cellules qui se divisent rapidement.
Pharmacocinétique
- Absorption : Rapide après administration orale avec une biodisponibilité proche de 75 % à jeun.
- Métabolisme : Forte transformation hépatique (foie) par cytochrome P450 en composés activés et inactivés.
- Élimination : Principalement urinaire sous forme de métabolites ; demi-vie plasmatique de 3 à 12 heures selon la fonction hépatique et rénale.
- Durée d’action : Variable, dépendante du protocole clinique, mais efficience cytotoxique plusieurs heures après administration.
Utilisation au quotidien et bonnes pratiques (France)
Le cyclophosphamide s'administre généralement à heure fixe, en cure ou traitement d’entretien selon l’indication. La posologie est ajustée selon le poids, la taille, la fonction rénale, l’âge et la pathologie traitée. Respectez toujours la prescription de votre médecin, ne modifiez jamais la dose sans avis médical.
- En France, le traitement est habituellement réalisé à l’hôpital (voie injectable) ou suivi de façon très encadrée en ambulatoire (voie orale).
- Il est important de boire beaucoup d’eau (2–3 L/j si possible) afin de limiter les risques d’effets secondaires urotoxiques.
- Une surveillance biologique régulière (numération formule sanguine, créatinine, bilan hépatique, etc.) est indispensable tout au long du traitement.
Doses du matin ou du soir : conseils et habitudes
- Prise le matin : Recommandée pour limiter le risque de nausées pendant le sommeil et réduire la toxicité urinaire, car une diurèse diurne accrue aide à l’excrétion du médicament.
- Prise le soir : Non recommandée sauf indication spécifique, car risque majoré de cystite hémorragique la nuit.
- Bons réflexes :
- Prendre quotidiennement à peu près à la même heure
- Notez la prise dans un carnet ou utilisez un pilulier
Prise avec ou sans aliments
- Le cyclophosphamide peut être pris avec ou sans nourriture.
- Prendre avec un repas léger en cas de nausées (pratique courante en France, sans limiter la biodisponibilité du médicament).
- Evitez les aliments trop gras ou épicés qui peuvent accentuer l’irritation gastrique.
- Aucune contre-indication formelle concernant le fromage, les produits laitiers, ou la plupart des aliments typiques du régime français.
Interactions et précautions
| Substance ou aliment | Nature de l'interaction | Conseils |
|---|---|---|
| Alcool | Risques hépatique et rénal accrus, irritation gastrique | Évitez ou limitez strictement |
| Allopurinol | Risque de toxicité sanguine majorée | Surveillance renforcée requise |
| Anticoagulants oraux | Risque de saignement augmenté | Surveillance INR, adaptation éventuelle |
| Vaccins vivants | Risques infectieux graves | Contre-indiqué ou reporté |
| Autres chimiothérapies | Effets secondaires majorés | Surveillance clinique stricte |
| Pamplemousse | Perturbation du métabolisme hépatique possible (inhibition CYP450) | À éviter par précaution |
Indications (AMM et hors AMM)
| Indication | Statut | Détail |
|---|---|---|
| Cancers du sein, lymphomes, leucémies, myélome multiple | AMM | Traitement seul ou en association selon protocoles |
| Néphropathie à dépôts d'IgA, syndrome néphrotique, vascularites à ANCA | AMM | Traitement des maladies auto-immunes sévères |
| Lupus érythémateux disséminé (LED) | AMM | Formes graves avec atteinte rénale ou neurologique |
| Transplantation d'organes (prévention du rejet) | Hors AMM | Usage spécialisé hospitalier |
Posologies selon l’indication et le profil du patient
| Indication | Adulte | Pédiatrique | Personne âgée |
|---|---|---|---|
| Cancers (schémas CHOP, CMF, etc.) | 500–1500 mg/m²/j per os ou IV, toutes les 2–4 semaines | 200–1200 mg/m²/j selon protocole | Adaptation nécessaire; démarrer à la posologie minimale |
| Lupus, vascularites, néphropathies | 500–1000 mg IV toutes les 2–4 semaines ou 1,5–2 mg/kg/j per os | 0,5–2 mg/kg/j ou 500 mg/m²/IV | Adaptation selon fonction rénale et tolérance |
Attention : Ces posologies sont indicatives. Toujours suivre l’ordonnance de votre spécialiste.
Profil de sécurité et effets indésirables
| Fréquent (>1/10) | Peu fréquent (1/100–1/1000) | Rare (<1/1000) | Alerte |
|---|---|---|---|
|
|
|
|
Consultez immédiatement un médecin en cas de signes d’infection, sang dans les urines ou essoufflement aigu.
Conseils d’utilisation (pharmaciens, centres spécialisés, bonnes pratiques en France)
- Boire abondamment (hydratation >2L/jour), sauf contre-indication médicale.
- Surveillance rapprochée de la numération sanguine et de la fonction rénale.
- Limiter l’exposition aux infections : éviter les contacts avec personnes malades, respect des gestes barrières.
- Éviter la grossesse et la conception durant et plusieurs mois après le traitement ; contraception fiable obligatoire.
- Respectez le calendrier des injections ou des prises, et signalez tout effet secondaire à l’équipe soignante.
- En cas d’oubli d’une dose orale, contactez votre équipe médicale avant de prendre une décision.
Alternatives thérapeutiques (remboursées par l’Assurance Maladie)
- Azathioprine (Imurel®): Moins de risques urotoxiques, efficacité moindre dans certaines indications sévères.
- Mycophénolate mofétil (Cellcept®): Moins de toxicité sur la fertilité, alternative pour lupus ou néphropathies.
- Rituximab (MabThera®): Utilisé dans certaines hémopathies et connectivites sévères, coût élevé, risque infectieux particulier.
- Méthotrexate: Utilisé dans le traitement de certains cancers et maladies auto-immunes, toxicité hépatique et hématologique différente.
Comparatif : Le cyclophosphamide reste privilégié en cas d'atteintes sévères rénales ou de mesures d’induction rapide, mais les alternatives peuvent être mieux tolérées chez des profils spécifiques ou en traitement d'entretien.
Statut légal, enregistrement et remboursement en France
- Autorité réglementaire : ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé)
- Remboursement : Pris en charge à 65% à 100% par l’Assurance Maladie dans toutes les indications de l’AMM (code LPP, ALD n°30 ou 31 selon pathologie).
- Prescription : Médicament d’usage hospitalier (liste I, substances vénéneuses), prescription initiale hospitalière renouvelable.
- Dispensation : En pharmacie hospitalière, et, selon l’indication, possible en pharmacie de ville.
- Référence : Conformément aux arrêtés du Journal Officiel, réévaluations régulières dans le cadre de plans cancer (INCa, HAS).
Actualités et recommandations récentes (2022–2025, France et international)
- Mise à jour des schémas d'induction dans les néphropathies à ANCA (guidelines KDIGO 2023) : cyclophosphamide IV courte durée préférée, alternatives par Rituximab validées.
- Recommandations HAS 2024 sur la vaccination : insistance sur la vaccination antigrippale et anti-pneumococcique avant toute cure.
- Émergence de protocoles de dose réduite pour limiter la toxicité cumulative, particulièrement chez les sujets âgés ou fragiles (Revue du Praticien – Oncologie, Bull. Cancer 2023).
- Surveillance long terme : gestion individualisée du risque d’infertilité par la conservation d’ovocytes ou de spermatozoïdes avant traitement (SFH, INCa 2024).
- Essais cliniques en cours sur la modulation par des agents protecteurs vésicaux (mesna) pour diminuer la cystite hémorragique (Lancet Oncology, 2023–24).
Disponibilité, conditionnements et prix indicatif
| Forme/Conditionnement | Prix indicatif (hors prise en charge) | Délai de livraison (Paris) | Délai (Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Nantes) |
|---|---|---|---|
| Comprimés 50 mg x 50 | 39 € | 24–48h | 48–72h |
| Poudre IV 1g x 1 flacon | 98 € | 24–48h | 48–72h |
| Comprimés 25 mg x 30 | 21 € | 24–48h | 48–72h |
- Disponibilité : Générique largement disponible, tension possible sur certaines formes IV ; contactez votre pharmacien.
- Livraison : Possible à domicile via officine ou hospitalière sur prescription valide ; délai variable en fonction de la région.
Foire Aux Questions (FAQ)
- 1. Puis-je prendre du cyclophosphamide chez moi ou dois-je être hospitalisé(e) ?
Dans la plupart des cas, le traitement oral peut se poursuivre à domicile sous surveillance, mais la première administration IV est presque toujours effectuée à l’hôpital. - 2. Quels signes dois-je surveiller absolument pendant le traitement ?
Contactez immédiatement votre médecin en cas de fièvre >38°C, sang dans les urines, aphtes profonds, diarrhée importante ou difficulté respiratoire. - 3. Est-ce que je peux manger normalement lors du traitement ?
Oui, mais privilégiez une alimentation équilibrée et hydratante. Évitez le pamplemousse, limitez fortement l’alcool et tenez compte des éventuelles nausées. - 4. Est-il possible d’avoir des enfants après un traitement par cyclophosphamide ?
Le cyclophosphamide peut affecter la fertilité chez l’homme et la femme. Discutez avec votre spécialiste des options de préservation de la fertilité avant de commencer le traitement. - 5. Est-ce que ce médicament est remboursé par la Sécurité Sociale ?
Oui, il est remboursé jusqu’à 100% dans ses indications principales (cancer, maladies auto-immunes), souvent avec une prise en charge en Affection Longue Durée (ALD).
Pour plus d’informations ou en cas de doute, adressez-vous à votre équipe médicale ou pharmacien. Cette fiche ne remplace pas un avis médical individualisé.

